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Maroc |

Publié le 02 octobre 2017

Le roi Mohammed VI revient sur l’affaire d‘al Hoceima, et fixe au 12 octobre la fin de l’enquête

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 Ce lundi 2 octobre, une réunion au plus haut niveau s’est tenue au palais de Rabat. Le roi Mohammed VI y a en effet reçu le chef du gouvernement Saadeddine Elotmani, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, le ministre des Finances Mohamed Boussaïd, ainsi que le Président de la Cour des Comptes Driss Jettou. Au menu, un retour sur la crise d’al Hoceima.

On se rappelle que lors du précédent Conseil des ministres, fin juin, le chef de l’Etat avait chargé les ministres de l’Intérieur et des Finances d’ouvrir une enquête sur les dysfonctionnements qui avaient conduit la population d’al Hoceima à se soulever et à demander des infrastructures et des mesures pourtant déjà prévues dans le programme « al Hoceima, Manarat al Moutawassit ». La mission consistait à pointer la nature des défaillances, et aussi, peut-être surtout, les responsables, et à soumettre un rapport, "dans les plus brefs délais". Il faut croire que les choses sont compliquées puisue ces "brefs délais" se sont quand même étendus sur trois mois.

Dans l’intervalle, le roi avait délivré un discours particulièrement musclé, le 29 juillet, contre la classe politique et les responsables de l’administration.  Depuis, plusieurs rumeurs avaient couru sur l’achèvement de l’enquête, la remise des rapports au roi, et l’imminence des mesures. Tout l’été est passé avec ces rumeurs, ces contre-rumeurs et le flot des commentaires qui les accompagnent.

Aujourd’hui, c’est officiellement chose faite…  Abdelouafi Laftit et Mohamed Boussaïd ont, selon une dépêche MAP, « soumis et explicité, auprès de Sa Majesté Le Roi, les conclusions des rapports commandités par le Souverain et portant sur l’exécution du programme de développement régional «Al Hoceima Manarat al Moutawassit», rapports qui ont concerné les responsables en charge dudit programme au moment des faits, y compris ceux qui ne sont plus en poste à l’heure actuelle; Sachant que la convention instituant ce programme avait été signée devant le Souverain en octobre 2015 à Tétouan ».

On voit bien que tout le monde était concerné, ministres partis (dont Benkirane, alors chef du gouvernement), et ministres dits partants, dont certains attendent des jours sombres, en plus des ministres ayant changé d’affectation entretemps, mais tout aussi concernés.

Et donc, poursuit le communiqué du palais, le roi  « a pris acte des conclusions et explications y afférant, les rapports des inspections ayant conclu au retard, voire à la non exécution de plusieurs composantes de ce programme de développement, excluant par la même tout acte de malversation ou de fraude ».

Ainsi, c’est le premier point important, rien de pénal dans la non-exécution du programme présenté devant le roi. Il reste alors cette même non-exécution, et les raisons qui y ont présidé, et les responsables de tout cela.

Le chef de l’Etat a alors demandé à Driss Jettou, patron de la Cour des Comptes, de procéder, et « dans un délai maximal de 10 jours, à l’examen de ce même sujet, et ce en vertu des prérogatives et compétences de la Cour en matière d’évaluation de l’exécution des projets publics ».

Une simple opération arithmétique nous amène à constater que 10 jours nous renvoient au 12 octobre soit la veille de l’ouverture de la session d’automne du parlement, le vendredi 13 octobre. Ce jour-là, jeudi donc, le roi Mohammed VI sera enfin définitivement et totalement informé, institutionnellement, des défaillances qui ont conduit à la non-exécution du programme d’al Hoceima et, conséquemment, à la colère des populations d’al Hoceima.

Il faut bien qu’il y ait des responsables, puisque les engagements gouvernementaux et administratifs n’ont pas été tenus, et le roi a dit le 29 juillet qu’il fallait désormais que les responsables rendent des comptes. Si on fait la jonction entre ces deux logiques, des mesures seront prises dans les 10 jours à venir, et des sanctions aussi… On peut donc attendre un mouvement ministériel et/ou administratif. Ou pas…

Aziz Boucetta

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