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Economie |

Publié le 27 septembre 2017

Le flou règne sur la flexibilité du dirham

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Le wali de Bank al-Maghrib Abdellatif Jouahri a tenu ce mardi 26 septembre une conférence de presse à l’issue du Conseil d’administration trimestriel de son institution. Il est revenu sur la question de la flexibilité du dirham et, sur un ton amer, il a laissé entendre ne pas avoir vraiment compris la décision du gouvernement de reporter la mise en œuvre de cette réforme.

Le report reste en effet mystérieux… Interrogé par des journalistes voici deux semaines, le chef du gouvernement Saadeddine Elotmani était resté très vague, de même que sur une date éventuelle de reprise de la réforme de la monnaie. De son côté, Abdellatif Jouahri a semblé hier être dans les mêmes incertitudes. Pourquoi ? Quand ? Pas de réponse. Même Elotmani, répondant à la question d’un journaliste sur le fait qu’il sache ou non la date, sans la divulguer, la réponse avait été négative…

Ce que l’on sait aujourd’hui sur cette mesure « moribonde-née », c’est qu’elle a été préparée et mise en chantier par la Banque centrale, en collaboration avec le ministère de l’Economie et des Finances, et avec la participation de tous les organismes nationaux et internationaux concernés, qui pour les études, qui pour les conseils. Bank al-Maghrib est donc dans son rôle, mais la décision politique de mise en œuvre effective appartient au gouvernement, qui n’a donc pas pris la décision.

Jouahri a ajouté que la flexibilité du dirham marocain aidera pourtant le pays à s'envoler économiquement, créant des emplois et menant vers la justice sociale.  « Si nous n'adoptons pas la réforme financière, comment le pays peut-il progresser ? Nous avons besoin de cette réforme liée à la flexibilité du dirham », a-t-il souligné.

Mais l’assistance a pu remarquer une certaine fébrilité du patron de la banque centrale, qui a soufflé le chaud et le froid, en disant souhaiter que « le ministre des Finances soit présent à la prochaine réunion avec les institutions internationales à Washington, car il faudra donner des explications et indiquer ce que le gouvernement compte faire », mais en tempérant tout de suite son propos en ajoutant que « cette décision de report de la réforme me semble positive si elle permet au gouvernement de mieux apprécier la réforme qui durera plusieurs années. Je préfère un gouvernement qui se donne le temps de réfléchir à une décision afin de bien la conduire ».

Mais, par ailleurs, et contrairement à ce qu’avait expliqué le chef du gouvernement à la presse sur la nécessité d’autres études, Abdellatif Jouahri a démenti, en y mettant les formes, que quelqu’un lui ait demandé de procéder à cela, « aucune demande d’étude complémentaire n’a été faite à la banque centrale ».

Sur les risques liés à cette réforme, le wali de la banque centrale a reproché aux réseaux sociaux d’avoir amplifié ces dangers, et il a fait une autocritique sur le retard de la campagne de sensibilisation menée par son organisme, « une campagne et des spots bien  faits mais intervenus tardivement ». Sur les banques qui auraient spéculé, Jouahri a dit qu’interrogées, elles ont répondu qu’elles avaient répercuté les demandes de la clientèle.

Bref, en un mot comme en cent, c’est la confusion qui règne sur cette réforme de la flexibilité du dirham : le gouverneur de la banque centrale y tient, le gouvernement pas trop, mais un peu, et personne ne dit réellement ce qui s’est passé ni pourquoi cette réforme n’a pas été mise en œuvre dans les temps, c’est-à-dire début juillet.

AB

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