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Publié le 24 septembre 2017

L'artiste Abderrahim Benessahraoui expose ses thuyas à Casablanca

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Ce samedi 23 septembre, le public était nombreux à venir assister au vernissage d’une exposition inédite au Maroc, celle de l’artiste peintre Abderrahim Benessahraoui qui présentait à la galerie Marsam ses peintures sur bois de thuya.

L’artiste marrakchi, 70 ans, raconte à travers ses œuvres ses souvenirs d’enfance, ou plutôt la nostalgie de son enfance, passée à ses débuts dans l’inconfort des msids ou écoles coraniques, où Abderrahim Benessahraoui avait appris ses fondamentaux religieux, et littéraires aussi.

Rien ne prédisposait en principe l’artiste à le devenir, et même à innover en utilisant le matériau du thuya pour ses créations. En effet, né à Marrakech en 1947, il y a suivi son enseignement fondamental, primaire puis secondaire, mais avant même d’obtenir son baccalauréat, il a été obligé de travailler. Il s’est alors inscrit à une école de formation de techniciens agricoles et sitôt son premier diplôme décroché, au terme de deux ans, il s’en fut passer trois années au Sahara. C’était en 1965.

Il aurait aimé, lui, en 1963, aller à l’école des arts plastiques de Tétouan, mais Dame Providence en a décidé autrement. Il lui fallait en effet travailler, et l’école de Tétouan dispensait sa formation sur 4 années, qu’il n’avait pas devant lui.

En 1968, donc, Benessahraoui revient à Marrakech de Tinjdad où il avait passé trois ans. Il commence alors sa période d’enseignement, en rejoignant les établissements du grand sociologue Paul Pascon où il forme près de 400 jeunes aux métiers agricoles. Pascon l’encourage alors à aller vers le doctorat et à s’inscrire dans l’école parisienne de sociologie.

Tout cela, éminemment scientifique, ne l’éloigne pourtant pas de ses premières amours que sont le chant et la peinture. Benessahraoui chantait dans sa jeunesse, essentiellement Mohamed Abdelwahab. Puis, l’âge aidant, il s’oriente et décide de ne s’intéresser qu’à la peinture avec le succès qu’il doit rencontrer plus tard, et cela, explique-t-il, «  le mérite en revient à mes deux enfants Ismaïl et Oum el-Ghaït », plus connue sous son nom de scène « Oum ». Eh oui, Abderrahim Benessahraoui est le père de la grande artiste Oum, dont on comprend mieux alors la fibre artistique, servie par une mère aussi présente aux côtés de sa famille qu’impliquée dans ses activités. Ismaïl, lui, malgré son penchant artistique marqué, est parti exercer dans le pétrole, tout  un art aussi à sa manière…

En effet, les deux enfants de Benessahraoui ont encouragé leur père à aller rencontrer son public plutôt que de peindre à la chaîne et d’emmagasiner ses œuvres dans le cagibi de rangement, le fameux « beyt lakhzine ». Et, de fait, l’artiste s’est résolument attelé à son art de peindre d’abord, puis  sur du thuya ensuite, dès 1989, pour organiser sa première exposition au Palais des congrès de Marrakech, en 1996, en marge de la réunion des ministres africains des Affaires étrangères. Un symbole, peut-être…

Une autre exposition a suivi en 1997, Benessahraoui ayant répondu à l’appel et à l’adhésion du public connaisseur à son art. Puis une autre en 2006, et encore en 2015, et ce samedi 23 septembre 2017…

Abderrahim Benessahraoui explique également que la peinture sur thuya est un art encore à ses débuts au Maroc, mais par honnêteté, il ne s’en attribue pas la paternité qui revient selon lui à l’artiste Slaoui. Sauf que Benessahraoui est le premier à faire de la calligraphie arabe et à redonner tout son lustre à la femme, comme pourrait dire l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, mais dans une toute autre signification que le peintre marrakchi…

C’est de sa période passée au msid de Marrakech qu’Abderrahim Benessahraoui a tiré, puis gardé, cet engouement pour la calligraphie arabe car, explique-t-il, « quand le fqih n’était pas là, son second venait et nous demander de dessiner, graver ou calligraphier des caractères arabes sur nos planches »… Et puis, progressivement, ses peintures ont reflété un rapprochement entre l’homme du passé, celui du msid, et celui plus contemporain, qui a connu les problématiques de la migration, de la sécheresse et des femmes, autant de thèmes que l’on retrouve en récurrence sur ses toiles.

Abderrahim Benessahraoui expose, donc, actuellement à la galerie Marsam, à Bourgogne, Casablanca.

Kawtar Bentaj, mowatine.Com (traduction de panorapost.com)

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