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Publié le 15 septembre 2017

Abdelilah Benkirane revient sur son avenir et sur celui du PJD

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Le secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane recevait mercredi 13 septembre chez lui les élus communaux de Mohammedia, qui avaient une sérieuse querelle entre eux, au sujet des attributions des postes et fonctions au sein de la commune de la ville. Il en a profité pour leur divulguer des messages sur son état d’esprit et ses projections dans l’avenir…

Il est revenu sur ses marottes habituelles, sur l’avancée électorale du parti, malgré les interventions et autres tentatives pour juguler l’évolution de ses scores et résultats. Il a également parlé de la déliquescence de la classe politique au point que le roi a exprimé sa grande colère contre les partis et leurs dirigeants, et « le PJD en fait partie, même s’il constitue une oasis de lumière ».

Cela étant, Benkirane a tancé son auditoire pour les différends qu’ils ont eus entre eux, leur rappelant leur référentiel… « Vous avez un référentiel qui est le meilleur au monde, et c’est l’islam, et si l’islam ne nous sert pas à arrondir nos angles, à quoi servirait-il cet islam ? ».

Puis il distille ses messages… « Vous savez qu’il existe une crise au niveau de la direction du parti, que j’essaie de gérer au mieux. J’attends ce jour où les frères me relèveront de cette responsabilité et la confieront à quelqu’un d’autre, avec un parti en bon état. J’entends dire sur moi des choses douloureuses, fausses, et venant de la part de proches, et malgré cela je me tais… même si je suis le secrétaire général et que je peux mettre en place des commissions d’enquêtes. Ce n’est pas sérieux… ». 

« Moi, j’ai passé 40 ans dans la politique et dans tous les cas, je suis proche de la sortie, c’est normal… dans trois mois comme cela est prévu, les choses se passeront naturellement, ou, pour une raison ou une autre, il pourrait y avoir une rallonge, mais cela n’a pas d’importance, et c’est la fin, il ne reste plus grand-chose »… Puis Benkirane explique qu’il veut être confiant, et que « quand il se détournera du parti, pour aller ailleurs ou pour mourir », il y aura d’autres gens qui prendront la relève et poursuivront le chemin du parti.

Et ainsi, le chef du PJD reste égal à lui-même, il dit les choses et leur contraire… Partir ou ne pas partir, telle est la question, finalement. L’homme veut rester, mais il sait qu’il doit partir. Il reconnaît la crise au sein de la direction du parti, mais souhaite s’en aller. Sauf que… cela semble difficile.

Abdelilah Benkirane traverse une passe rude, entre son désir manifeste de rester et sa volonté de ne pas se dédier, de ne pas se mettre en position d’être un leader incontournable qui ne quitte son fauteuil que pour son cercueil. Mais cette fois, il a été plus clair que d’habitude, en annonçant sa sortie prochaine.

Aziz Boucetta

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