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Publié le 06 septembre 2017

La question du Sahara et la 4ème Commission, par Khalil Haddaoui

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Nous avons écrit, il y a trois ans, que le Conseil de Sécurité ne réglera pas la question du Sahara. Le Conseil agit dans le cadre du chapitre VI de la Charte de l’ONU. Son rôle se limite à une médiation et à faire des recommandations ; il ne peut imposer une solution sans l’accord des parties. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité savent parfaitement que la question du Sahara est un conflit, d’ordre géostratégique, entre le Maroc et l’Algérie. Au vu des intérêts qu’ils ont avec l’un et l’autre, ils veilleront toujours à garder un certain équilibre entre les deux. C’est pourquoi, dans les résolutions du Conseil de sécurité, chacun des deux trouve toujours de quoi exprimer sa satisfaction.  

Les pourparlers (et non les négociations), qui ont eu lieu, à ce jour, ont permis à une minorité séparatiste de se trouver sous les projecteurs des médias et de paraître ainsi comme le seul interlocuteur face au Maroc. Car il faut admettre une réalité : aucune résolution du Conseil de sécurité ne cite l’Algérie comme une « partie au conflit ». Même avec un nouveau Secrétaire Général et un nouvel Envoyé personnel, les adversaires du Maroc, dont l’objectif est diamétralement opposé au sien, trouveront toujours le moyen d’empêcher toute issue satisfaisante. Ils savent utiliser à leur avantage l’esprit du chapitre VI. C’est pourquoi ils ne cessent de réclamer la reprise des pourparlers sous l’égide de l’Envoyé personnel du Secrétaire Général. Par contre, à la quatrième Commission, le Polisario intervient  comme un pétitionnaire parmi des dizaines d’autres pétitionnaires.

Tout en acceptant la médiation du Conseil de sécurité, le Maroc ne doit pas oublier que celui-ci peut décider, en cas d’échec, comme l’avait suggéré l’ancien Secrétaire Général, Kofi Annan, en 2004, de renvoyer le dossier à l’Assemblée Générale, où de toute façon, il est toujours à l’ordre du jour. Ce qui se traduira par le retrait de la MINURSO et de l’Envoyé personnel du Secrétaire Général. C’est une possibilité que craignent l’Algérie et son protégé.

Par ailleurs, ce n’est pas parce que la propagande algérienne ne cesse de déclarer que le Sahara est la dernière colonie en Afrique, que nous nous trouvons devant une question de décolonisation. Le problème du Sahara est un cas sui generis. La preuve en est que dans la consultation des populations prévue par le Plan de règlement de l’ONU, il y a le choix de l’intégration au Maroc, ce qui est une reconnaissance implicite du droit du Royaume sur ses provinces sahariennes.

Ces dernières années, la diplomatie marocaine avait tendance à s’impliquer davantage dans le processus engagé par le Conseil de sécurité, et effectuer le service minimum à la 4ème Commission. Elle doit au contraire se mobiliser pour défendre le  droit à l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Royaume, en se basant sur le texte de référence de cette Commission, à savoir la résolution 1514 (XV), qui stipule en son paragraphe 6 : « Toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l’unité nationale et l’intégrité territoriale d’un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations Unies. » L’objet de ce paragraphe, qui s’adresse aux puissances coloniales, leur signifie que la décolonisation ne doit pas se traduire par une sécession. C’est ce débat de fond qui doit être ouvert, à l’initiative de la diplomatie marocaine.      

La délégation algérienne, qui vient chaque année à l’ONU, pérorer sur le referendum d’autodétermination, qu’elle a toujours sabordé, doit être confondue face à ses contradictions. En reconnaissant une prétendue république qu’elle entretient sur son territoire, elle viole le droit à l’autodétermination en anticipant sur la volonté des populations. Il faut déconstruire la propagande algérienne au sujet d’un « peuple sahraoui ». Le Sahara est une zone géographique qui se trouve sous plusieurs souverainetés. Les populations qui se trouvent dans le Sahara marocain ne constituent pas une entité ethnique différente des populations sahraouies qui relèvent d’autres souverainetés. Il y a un Sahara marocain, comme il y a un Sahara algérien.          

Il faut répéter à satiété que les habitants de Saqia El Hamra et Oued Eddahab se sont déjà autodéterminés en élisant leurs représentants aux deux Chambres du Parlement. Il ne faut pas cesser de rappeler la situation tragique des camps de réfugiés, dont le gouvernement algérien assume la totale responsabilité, en tant que pays d’accueil. Il faut sans cesse dénoncer son refus de laisser le HCR procéder à l’identification et au recensement de ces réfugiés, qui ne jouissent même pas des droits que leur confère la Convention de Genève de 1951.

La diplomatie marocaine doit aussi changer de style, être un peu plus rigoureuse dans ses déclarations et ses communiqués, et se débarrasser des formules alambiquées, qui sont apparues ces derniers temps, et qui relèvent plutôt du charabia diplomatique. Il faut revenir à un langage clair, direct et vigoureux que l’on trouve d’ailleurs dans les discours royaux.

Lorsque le souverain déclare : « Faute de faire assumer sa responsabilité à l’Algérie, en tant que principale partie à ce conflit, il n’y aura pas de solution. »  C’est cette vérité qu’il faut expliciter, avec des preuves qui démontrent que l’Algérie, derrière sa soi-disant défense des principes, cache en fait ses visées hégémoniques. Son objectif est d’installer un Etat vassal lui permettant, d’une part l’accès à l’Océan Atlantique, et d’autre part, de rompre tout lien terrestre direct du Maroc avec le reste du Continent africain.

Cette année la quatrième Commission sera présidée par l’Ambassadeur du Venezuela auprès de l’ONU, avec lequel la délégation marocaine s’est confrontée au Comité des 24. C’est l’occasion de rompre avec l’approche qui a été suivie ces dernières années, à savoir l’examen d’un projet de résolution sur le Sahara que présente l’Algérie, qui devient par la suite « projet du Président de la Commission », et adopté par consensus. Il est devenu inadmissible de poursuivre cette approche. Le projet algérien doit être sérieusement amendé ou bien soumis au vote. Il appartient à la diplomatie marocaine de prendre l’initiative d’orienter le débat sur la question du Sahara, et non de le subir.

Si le problème du « Sahara occidental » est toujours d’actualité  aux Nations Unies, c’est parce que contrairement à ce qui s’est passé avec Tarfaya en 1958 et Ifni en 1969, les tergiversations de l’ancienne puissance coloniale ont permis une alliance objective d’intérêts avec l’Algérie, qui s’est mobilisée pour empêcher le retrait du « Sahara occidental » de la liste des territoires non-autonomes. L’objectif de notre diplomatie est de le retirer de cette liste,  en déconstruisant toutes les manœuvres dilatoires qui ont été déployées pour maintenir la question du Sahara à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale des Nations Unies. C’est à la 4ème Commission où doit être menée avec détermination la véritable bataille pour obtenir une majorité favorable à la réintégration de Saqia Elhamra et Oued Eddahab dans le Royaume, et mettre ainsi fin à cette tromperie du siècle.

Ce qui vient de se passer au Mozambique, dans le cadre de la TICAD, confirme ce que nous avons écrit précédemment, à savoir que la présence de cette prétendue république au sein de l’Union Africaine est une nuisance permanente. Dans le cadre de la médiation du Conseil de sécurité, le Maroc doit refuser d’entamer des pourparlers, avant que les choses ne soient clarifiées face à cette situation dichotomique : aux Nations Unies on parle d’un territoire non-autonome qui, par définition n’est pas un Etat, et dans une conférence internationale entre l’Afrique et le Japon (demain ce sera avec l’Union Européenne, la Chine ou l’Inde), on veut imposer un soi-disant Etat. Il n’est que temps de dénoncer de la manière la plus ferme cette véritable mascarade que le Maroc ne doit en aucun cas accepter.

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Khalil Haddaoui est ancien ambassadeur du Maroc

 

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