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Publié le 12 juin 2017

L’entêtement de Renard et l’indifférence de Lekjaâ renforcent le complexe camerounais de l’équipe nationale, par Sallam Belkhir

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Le sélectionneur national Hervé Renard a fortement contribué à approfondir le complexe de l’équipe nationale de football à l’égard des Camerounais, comme on l’a vu samedi 10 juin avec cette nouvelle défaite (1-0). Et Renard a été aidé en cela par le président de la Fédération royale marocaine de football Fouzi Lekjaâ à travers son silence et ses préoccupations qui vont ailleurs mais qui ne le concernent que lui, au détriment de la sélection qui est le cœur battant des Marocains.

Ce nouveau revers des « Lions de l’Atlas » au stade Ahmadou Ahidjo dans la capitale camerounaise Yaoundé est le résultat d’un paquet d’erreurs grossières du sélectionneur, qui semble avoir perdu beaucoup de sa « ruse de renard ». Cela apparaît dans ses choix de joueurs et son insistance à retenir des quasi fantômes sur le terrain, dans ses placements dans le jeu, dans ses remplacements incompréhensibles, en plus de son entêtement excessif à faire des déclarations à l’emporte-pièce…

On a le sentiment que l’homme se projette loin, conscient désormais qu’il ne pourra respecter son engagement de qualification au Mondial russe de 2018, ainsi qu’il est stipulé dans son contrat avec la Fédération et pour lequel il touche de grosses sommes en devises… A moins qu’il ne fonctionne selon un agenda qui ne le concerne que lui, renonçant alors à son rôle de « responsable » d’un groupe suivi et adulé par des millions de personnes, fans, aficionados ou simples spectateurs.

L’entêtement exagéré de Renard

Depuis l’arrivée du Français à la tête de l’équipe nationale en remplacement de Baddou Zaki, il n’a eu de cesse de s’imposer à tous, à tort ou à raison… en tenant tête au Bureau fédéral dirigé par Fouzi Lekjaâ ou en n’en faisant qu’à sa tête, jusques-y compris en exacerbant des tensions internes au sein du groupe, sans que personne ne puisse mettre un holà à tout cela.

Et Renard ne s’arrête pas en si bon chemin…Il a en effet décidé de boycotter les médias nationaux, leur préférant la presse internationale, et essentiellement française, pour ses déclarations, comme s’il était le sélectionneur d’une autre équipe que celle du Maroc. Et ce faisant, il a franchi les limites de l’acceptable à l’égard des médias du royaume, méprisant le pays à un niveau dont il ne prend peut-être pas la mesure lui-même, à moins que certains dirigeants fédéraux ne l’y encouragent, dont sans doute Fouzi Lekjaâ qui n’a jamais rien fait pour remettre Renard sur le droit chemin…

L’incohérence des choix de joueurs dans la liste de Renard

On a souvent parlé de la nécessité de laisser le sélectionneur libre dans ses choix, de lui donner carte blanche afin de le laisser accomplir sa tâche au mieux qu’il peut. Mais Renard a dépassé les limites en persistant à convoquer des jeunes qui ont montré, remontré et même démontré qu’ils sont inaptes à porter le maillot national.

Le meilleur exemple est celui de Youssef Naciri qui n’a plus joué avec son club de Malaga depuis mars dernier, ni pour la Liga ni pour la Coupe. D’autres joueurs sont retenus par Renard sans qu’ils ne soient titulaires dans leurs clubs, et malgré cela les portes de la sélection nationale marocaine leur restent grandes ouvertes comme si notre équipe était un champ d’expérimentations pour eux, sous les yeux consternés et profondément affligés du public.

A l’inverse, les joueurs que les Marocains réclament restent marginalisés, ostracisés même, à l’image du jeune Hakim Ziyech, la star montante de l’Ajax Amsterdam et preuve la plus accablante contre Renard et ses complices dans leur totale indifférence pour le sort du football et des sentiments du public de cette nation à laquelle nous sommes fiers d’appartenir.

« Game is over », « intaha lkalam »… après la défaite à Yaoundé et l’amateurisme de Renard et de Lekjaâ

Les deux expressions peuvent s’appliquer à Hervé Renard, et probablement à Fouzi Lekjaâ car il n’y a plus rien à leur dire ou à attendre d’eux et de ceux qui gravitent autour d’eux, si tant est qu’il existerait quelqu’un qui « entende la voix de la raison ». L’absurdité et l’insignifiance règnent désormais en maîtres absolus au sein de notre sélection nationale en particulier et de notre football national plus globalement, par la faute et la responsabilité de ces deux hommes.

Le sélectionneur français se comporte avec son groupe comme s’il lui appartenait en propre, agissant comme il l’entend et sans qu’il n’ait réalisé quelque chose de tangible depuis son arrivée… bien que des gens, que Dieu leur pardonne, lui aient fait croire qu’il avait réalisé une prouesse en qualifiant la sélection au quart de finale de la CAN gabonaise de 2017. Mais la réalité est toute autre, ainsi que l’avaient indiqué lors de cette CAN certaines personnes bien pensantes, qui n’ont bien évidemment  et bien malheureusement pas été écoutées alors et qui, pire encore, ont été désignées par leurs pourfendeurs comme étant des « ennemis du succès ».

Concernant Fouzi Lakjaâ, il semblerait que lui-même et lui aussi contribue significativement à la situation alarmante de la sélection, depuis son arrivée parachutée à la tête de la FRMF… et tout cela est également visible au sein de la Botola, abusivement appelée « professionnelle » alors qu’elle ne l’est absolument pas.

Comment en serait-il autrement d’ailleurs alors que le président du football national n’a d’autre préoccupation que sa propre image, voyageant ici et là, faisant beaucoup de pays sur tous les continents, enrichissant son album personnel de photos avec Infantino de la Fifa et Ahmad de la CAF, cherchant tel poste ou telle autre fonction, ici ou ailleurs, dans une indifférence quasi-totale pour les résultats et les performances ? Des équipes de football africaines, plutôt modestes, nous dépassent désormais dans les classements mondiaux, et même continentaux, tant il est vrai que les réalisations et les titres sont les seuls à même de faire entrer une formation dans l’histoire… et pas les voyages répétés de Lekjaâ et les déjeuners et dîners officiels qui engloutissent des millions, voire des milliards, déboursés par la FRMF, le budget de l’Etat, et payés, comme toujours, par le contribuable.

Sallam Belkhir (Mowatine.com)

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