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Publié le 15 mai 2017

Les partis de la majorité gouvernementale unis pour faire face à la situation à al Hoceima

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C’était ce dimanche soir 14 mai… Le chef du gouvernement, et président du Conseil national du PJD, Saadeddine El  Otmani a réuni les représentants de sa majorité gouvernementale pour écouter le rapport du ministre de l’Intérieur Abdelouahed Laftit. Ils sont unanimes à condamner l’atteinte à l’ordre public et aux fondamentaux.

Dans le fond, il n’y a rien à dire. L’atteinte aux biens privés des personnes et aux constantes du pays est inadmissible, tout autant que l’instrumentalisation de revendications sociales pour des visées politiques, téléguidées d’ailleurs, sont inadmissibles et ne doivent pas être admises.

La forme, en revanche, laisse à désirer. D’abord, et bien que la réunion se soit tenue sur convocation de Saadeddine El Otmani, il a été présenté comme président du Conseil national du PJD et non comme chef du gouvernement, ce qu’il est pourtant. Secundo, et puisque la réunion concernait une affaire d’intérêt national, il aurait peut-être mieux valu l’élargir à l’ensemble du spectre politique, afin de montrer la réalité de l’unanimité politique contre les manipulations et autres instrumentalisations. PAM et Istiqlal ont alors beau jeu de critiquer la tenue de cette réunion, faisant de la politique là où il doit y avoir consensus…

Et pour mieux parler aux populations du Rif, qui expriment des revendications sociales et économiques, il aurait été meilleur, aussi, de dire clairement qui instrumentalise quoi, qui, pourquoi, depuis quand et depuis où. Dans ce genre d’affaire, il faut être clair et explicite. Nous sommes après tout face à une intervention étrangère, si l’on en croit les affirmations des uns et des autres.

Enfin, on peut se demander sur les raisons de tenir cette réunion à Rabat, alors que c’est à al Hoceima que le torchon brûle. Une délégation interministérielle aurait été à sa place dans la ville du nord, pour écouter, débattre, échanger, convaincre, et s’engager sur un calendrier de réalisation des mesures prises, notamment dans le cadre du programme Manarat al Moutawassit, lancé par le chef de l’Etat en 2015.

Récemment interrogé à New York par une journaliste algérienne sur la situation à al Hoceima, le représentant permanent à l’ONU Omar Hilale a rétorqué que « chez nous, les gens s’expriment librement, sans qu’il y ait des morts »… sous-entendu, comme en Algérie, que Hilale ne s’est pas privé de citer, Gherdaïa entre autres.

Certes, mais dans pareille situation, il ne suffit pas pour une population de s’exprimer… Encore faut-il qu’elle soit entendue. Or, pour les manifestants, les projets Manarat al Moutawassit accusent du retard. Pourquoi ? Il appartient au chef du gouvernement, et à ses ministres, d’y répondre. Et vite.

AB

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