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Maroc |

Publié le 05 avril 2017

Vent de contestation, sur fond de déceptions personnelles, au sein du PJD

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Alors que le chef du gouvernement désigné Saadeddine El Otmani poursuit à marche forcée la formation de son gouvernement « hexagonal » (PJD, RNI/UC, MP, USFP et PPS), et alors que la désignation des futurs ministres est annoncée pour les heures qui viennent, une fronde semble prendre forme au sein du parti, le PJD, dont El Otmani est supposément le numéro 2.

L’une des premières salves est venu d’Amina Maelainine, députée, syndicaliste, membre du secrétariat général du PJD et véritable pasionaria d’Abdelilah Benkirane, qui a dû la recadrer plusieurs fois après son éviction de la présidence du gouvernement, qu’elle n’a pas du tout appréciée, ni admise. Elle appelle tout simplement, sur son compte Facebook, les membres du Conseil national du parti, à se réunir au tiers de leurs effectifs pour convoquer une session extraordinaire. Cette session du Conseil national (dont El Otmani est tout de même président !!) sera appelée à très sévèrement cadrer le chef du gouvernement, le gouvernement, et la gouvernance.

Pour sa part, Abdelali Hamieddine a lui aussi laissé éclater sa colère, une fois que la liste du gouvernement (probable) a été publiée par certains médias… Il estime ainsi, toujours sur les réseaux, qu’ « il serait naïf de faire croire aux populations que le gouvernement qui sera formé sera issu de la volonté populaire du 7 octobre, car les partis qui le composent n’ont aucune autonomie dans leur processus de décision mais sont soumis à la volonté des puissants ». La charge est lourde. Mais fausse.

En effet, ce gouvernement est issu de la volonté populaire en ce sens qu’il sera présidé par le PJD et que son ossature sera formée par ce même parti, arrivé premier aux élections. Ce que ne veulent pas admettre les Maelainine, Hamieddine et d’autres encore, fort nombreux, est que le PJD n’a pas obtenu la majorité absolue, et qu’il ne peut donc pas diriger le gouvernement de manière absolue. Une logique étrangère à ces militants du PJD, mais une logique que même Abdelilah Benkirane a comprise et admise.

Aziz Boucetta

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