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Publié le 31 mars 2017

Dernières nouvelles du gouvernement El Otmani

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Mardi dernier 28, le chef du gouvernement désigné Saadeddine El Otmani nous informait que rien n’était encore sûr quant à la composition de son équipe, et que les six partis de la coalition (PJD, RNI, MP, USFP, UC et PPS) en étaient encore à l’architecture du gouvernement. « Nous aurons en revanche sans doute fini dans quelques jours », assurait El Otmani. On en sait plus aujourd’hui.

Le secrétariat général du PJD. Selon des informations recoupées, et suite à la réunion du secrétariat général du PJD hier jeudi 30 en milieu de soirée, la liste des ministres PJD a été définitivement arrêtée. Si on ne connaît pas encore tous les noms, ceux qui reviennent avec insistance sont les sortantes Bassima Hakkaoui et Jamila Moussali, le sortant Mustapha Ramid et la nouvelle, Nezha El Ouafi. Mais il y a aussi Mustapha el Khalfi, Aziz Rabbah comme anciens ministres. Il restera à trouver une solution à Abdelali Hamieddine, lourdement appuyé par son parti mais rejeté par plusieurs formations politiques en raison de son implication dans le meurtre d’un étudiant dans les années 90, accusation dont il avait par ailleurs été blanchi par la justice.

Abdelilah Benkirane. Il était absent lors de la réunion du secrétariat général de son parti, hier jeudi 30. Une forme d’élégance à l’égard de son successeur en charge de la formation du gouvernement… En effet, la liste des ministrables du PJD est établie par une commission de proposition des candidats (le PJD est avant-gardiste sur la scène politique nationale en la matière), qui désigne des noms suite à des élections et les soumet au secrétariat général qui dispose de la liste finale, laissant une marge de manœuvre au secrétaire général. Mais les règlements ont été établis dans la logique que le chef du gouvernement soit le secrétaire général. Comme ce n’est plus le cas, Benkirane a choisi de ne pas venir pour ne pas embarrasser El Otmani.

Le cas Driss Lachgar. Lui, Premier secrétaire de l’USFP, avait dit et redit du temps de Benkirane qu’il voulait que son parti entre au gouvernement, mais que lui n’y serait pas. Dans l’intervalle, les choses ont changé, et l’avis de Lachgar aussi ; désormais, il est candidat au gouvernement, pour la fonction de ministre de la Justice ! Si le PJD, de guerre lasse, a fini par se laisser convaincre par Saadeddine El Otmani d’intégrer l’USFP dans sa majorité, les membres du secrétariat général ont en revanche opposé un veto formel, unanime, et énervé contre la personne de Driss Lachgar, voyant dans sa nomination au gouvernement une humiliation en plus, en trop, de Benkirane. Ce qui n’est pas faux. Et la candidature de Lachgar, soutenue par une motion de certains membres du Bureau politique de l’USFP, ne fait quand même pas unanimité, loin s’en faut, au sein de son propre parti.

La déclaration de Saadeddine El Otmani. A l’issue de son secrétariat général, il a déclaré qu’il attendait dans les deux jours à venir les propositions des noms des ministres de chacune des six formations de la nouvelle majorité. Il n'a pas voulu en dire plus, ni sur l’architecture du gouvernement ni sur les départements affectés aux formations politiques. Le dénouement de la crise gouvernementale pourrait donc survenir en tout début de semaine, avec la désignation officielle du nouveau gouvernement par le chef d l’Etat, en fonction de l'article 47 de la constitution.

L'ossature du gouvernement. Selon un proche d'el Otmani, qui a demandé à ne pas être cité, le gouvernement devrait être composé de 32 à 35 membres, dont 6 secrétariats d'Etat. Le gouvernement sortant étant de 39 ministres et secrétaires d'Etat et le nombre de partis de la majorité ayant été augmenté de moitié, plusieurs départements ministériels seront fusionnés, essentiellement ceux de l'Economie, de la Justice, de la Culture et du Transport. Mais, selon la même source, si cette décision est prise par El Otmani, il devra quand même attendre les propositions de ses partenaires pour avis, avant de soumettre la liste au roi Mohammed VI, pour décision finale.

Aziz Boucetta

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