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Maroc |

Publié le 21 mars 2017

Début des concertations pour la formation du gouvernement, avec le nouveau style d’El Otmani

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Aujourd’hui 21 mars devaient commencer les négociations pour la formation d’une majorité, en perspective de la mise en place d’un gouvernement, celui de Saadeddine El Otmani. Premier hiatus, l’absence du PAM…  Et premiers constats sur les différences de style entre Abdelilah Benkirane et son successeur.

Le nouveau chef du gouvernement désigné avait annoncé qu’il allait rencontrer les responsables politiques des différents partis, dans l’ordre décroissant de leurs résultats électoraux au 7 octobre. Il devait ainsi recevoir, successivement, le PAM, puis l’Istiqlal, puis le RNI/UC, puis le MP, et l’USFP et enfin le PPS.

Ce mardi, et du fait que le patron du PAM Ilyas el Omari est à Tanger, où il avait participé au lancement de la nouvelle ville Tanger Tech avec le roi Mohammed VI hier, c’est Mustapha el Khalfi, député PJD et ancien ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, qui est à la manœuvre. Il a ainsi expliqué le décalage de la rencontre entre El Otmani et el Omari, reportée de fait au soir. 

Dans le style, on commence déjà à voir les prémisses d’une rupture. En effet, et alors que les concertations étaient conduites par Abdelilah Benkirane dans son style brouillon, se voulant spontané, recevant les partis par ordre de sa préférence, Istiqlal, USFP, MP… El Otmani agit avec méthode, et n’excluant personne, y compris le PAM que son prédécesseur avait ignoré.

Et puis la communication. Alors que Benkirane assénait ses vérités et distillait ses messages urbi et orbi, dans une attitude guerrière ou au moins offensive, El Otmani se contente d’informer, organise la conférence de presse d’avant les consultations, et après chaque rencontre. La différence étant qu’avec Benkirane  celui-ci faisait après chaque rencontre une déclaration avec son hôte, disant ce qu’ils voulaient, alors qu’avec El Otmani, les journalistes auront la possibilité de poser des questions.

Lors de ses réunions avec les chefs de parti, Benkirane était avec le seul El Otmani, alors que ce dernier, en recevant aujourd’hui la délégation de l’Istiqlal (composée de Mohamed Soussi, de Hamdi Ould Rachid et de Bouamar Taghouane, Chabat ayant été déchargé de cette mission de concertations par son Conseil national), était accompagné de Mohamed Yatim, Mustapha Ramid et Lahcen Daoudi. Yatim est l' "homme" de Benkirane mais Ramid a pris son envol et son autonomie par rapport au même Benkirane ; quant à Daoudi, il est l' "électron libre" du secrétariat général du PJD. Saadeddine Elotmani est donc, en quelque sorte, étroitement encadré par l'instance dirigeante du PJD, mais dans un représentation de tous les clans...

Au début de cette entrevue avec les Istiqlaliens, le micro était ouvert et on a entendu El Otmani expliquer à ses hôtes que les « négociations politiques ont toujours leurs difficultés », qu’il faudra dépasser.

On attend la rencontre « de tous les dangers », cet après-midi, entre Aziz Akhannouch (et Mohamed Sajid) et Saadeddine El Otmani. C’est de là qu’on aura les premières indications sur le blocage qui se maintiendrait ou pas. Le patron du RNI tient toujours à l’USFP ; qu’en dira El Otmani ?

Mais on peut d’ores et déjà poser les deux questions suivantes : Pourquoi ne pas recevoir le RNI/UC avant l’Istiqlal, sachant que le nouveau groupe des deux formations d’Akhannouch et de Sajid totalise 56 députés, plus que l’Istiqlal avec ses 46 élus ? Et pourquoi ne pas recevoir également la Fédération de la gauche démocratique de Nabila Mounib, désormais représentée au parlement ?

Début de difficultés ? Les jours prochains apporteront la réponse

AB

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