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Maroc |

Publié le 14 mars 2017

La commission d’enquête parlementaire sur les retraites recommande le gel de la réforme adoptée en 2016

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La Chambre des conseillers était réunie en session extraordinaire ce lundi 13 mars, pour la présentation du rapport de la commission d’enquête sur les retraites, présidée par l’élu PAM Aziz Benazzouz. Le constat est accablant et met en exergue toute une série d’anomalies à l’origine de la défaillance de la Caisse marocaine des retraites.  En cause, principalement, les décideurs politiques et l’administration qui ont pris de mauvaises décisions.

Avant de publier son rapport final, la commission avait auditionné plusieurs responsables, de tous les niveaux et à tous les échelons, à commencer par le chef du gouvernement et le ministre des Finances, en passant par les responsables de la Caisse marocaine des retraites. Les membres de la commission ont cependant relevé que certains responsables n’ont pas répondu aux convocations qui leur avaient été transmises, ce qui a conduit la Chambre à faire intervenir des huissiers pour constater ces manquements à leurs obligations par les membres du gouvernement.

Dans ses conclusions, la commission d’enquête épingle l’Etat, dont les représentants ont caché la vérité et la réalité à l’opinion publique et aux syndicats, et qui s’est également montré mauvais payeur, sans même accepter plus tard de régler des intérêts de retard de paiement. De plus, et si la CMR s’attendait en 2016 à un déficit compris entre 5,5 et 6 milliards de DH, avec l’épuisement des fonds de réserves en 2022, les conseillers ont montré que la crise de liquidité de la CMR étaient apparus dès 1995, et que malgré cela les cinq gouvernements qui se sont succédés depuis n’ont pas réagi et ont toujours repoussé la réforme.

C’est Abdelilah Benkirane qui, en fin de compte, a entamé la réforme des retraites et qui l’a conduite à son terme. Las… Les conseillers constatent que cette réforme, étant seulement paramétrique et non systémique, n’est pas la panacée. Ils recommandent donc d’en geler les dispositions et d’initier une réforme globale du système conformément aux recommandations de la commission nationale de la réforme des retraites.

Autre recommandation : L’État doit verser les arriérés dus à la CMR en prenant en compte les intérêts et les avances transférées du régime civil au régime militaire ; et aussi garantir un renforcement de la gouvernance de la Caisse marocaine des retraites. Enfin, la commission recommande la relance du dialogue social, seul format valable pour discuter des problématiques comme la retraite, mais un format boudé par Benkirane.

Cela étant, la commission, présidée par le PAM Aziz Benazzouz, est formée des conseillers Youssef Mouhyi (CGEM), Amal Amri (UMT), Addi Chajri (PPS) et Abdelhak Hissane (CDT), soit une commission formée presqu’exclusivement d’opposants (ou presque) au gouvernement Benkirane. Les conclusions et recommandations étant plutôt brutales (gel de la réforme adoptée), il restera à savoir si Benkirane et son gouvernement (si gouvernement il y a) accepteront de s’y soumette. Mais ayant répondu aux convocations de la commission, il lui sera difficile de contourner les recommandations faites.

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