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Maroc |

Publié le 19 janvier 2017

Vers la rupture entre l’Istiqlal et le PJD

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L’élection de Habib Malki à la présidence de la Chambre des représentants n’a pas plu à l’Istiqlal. Cela s’est vu quand les élus istiqlaliens avaient quitté l’hémicycle ce lundi, jour du vote, dans une attitude non synchrone avec celle du PJD et du PPS qui, eux, étaient restés et avaient voté blanc, entérinant en quelque sorte l’élection de Malki. Un article d’al Alam, organe de presse arabophone de l’Istiqlal, semble annonciateur d’une prochaine rupture entre Chabat et Benkirane, et leurs partis respectifs.

Ce jour-là, donc, le parti de Hamid Chabat attendait une décision de coordination entre PJD, PPS et Istiqlal, ce dernier ayant déclaré son intention de voter pour un éventuel candidat du PJD, avant que le secrétariat général de ce parti n’informe par simple communiqué  de sa décision d’abstention l’opinion publique, et aussi l’Istiqlal, qui n’a pas du tout apprécié la démarche.

C’est cette attitude du PJD qui a fortement irrité les Istiqlaliens, lesquels se sont retirés. « Il s’agit d’une coordination politique et non de directives à appliquer dans un seul sens », dénonce al Alam. L’Istiqlal affiche une certaine amertume car il considère qu’après avoir accepté l’idée d’un renoncement d’entrée au gouvernement tout en maintenant son soutien législatif au PJD, la coordination devait se poursuivre pour le vote du président de la première Chambre ; l’Istiqlal n’a pas signé de chèque en blanc à Benkirane, explique encore al Alam.

Et puis, l’attaque en règle qui sonne la rupture entre les deux formations, ou presque : « Sur la forme, la direction de l’Istiqlal a refusé cette position. En effet, il s’agit de coordination politique et non de directives ou d’ordres à exécuter. Les députés istiqlaliens ont éprouvé du ressentiment après ce comportement qui viole les règles de la coordination politique. Ils craignent d’être en présence d’une transaction politique que Monsieur le Chef du gouvernement considèrerait comme le seul moyen de sauver sa peau dans les tractations en cours ». Le débat devient dès lors personnalisé, et on semble revenir aux anciennes attaques entre Chabat et Benkirane qui, pour l’instant, voit devant lui et non derrière, et qu’il pense effectivement à sauver sa présidence et non à ménager l’Istiqlal, qui n’a pas aimé.

Si le gouvernement est donc formé, avec ou sans l’USFP sur laquelle les choses butent encore, l’opposition sera formée de deux partis qui se sont tournés le dos depuis trois mois : le PAM et l’Istiqlal.

Et avec ce dernier rebondissement sur la scène politique, c’est la personnalité opportuniste de Chabat qui remonte à la surface. Etre l’ami et allié du PAM contre le PJD, avant que le PAM ne s’en écarte. Puis, l’Istiqlal toujours, ami et allié de Benkirane, avant qu’il ne s’en sépare. Cela conforte en quelque sorte le terrible constat de la direction historique de l’Istiqlal chez Chabat : « inapte à incompétent à continuer de diriger l’Istiqlal ».

AB

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