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Publié le 19 décembre 2016

Noureddine Ayouch répond aux détracteurs du dictionnaire de la darija édité par sa Fondation

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On le sait, la Fondation Zakoura a fait récemment paraître un dictionnaire de la darija, dans lequel les mots de départ et d’arrivée sont exprimés en darija marocaine. Cela a attiré au célèbre publicitaire toutes les critiques du monde, et les inévitables insultes qui vont avec. Mais on doit reconnaître à Noureddine Ayouch le mérite d’avoir fait paraître cet ouvrage de 1.000 pages environ et d’avoir offert à notre langue d’usage et d’échange un dictionnaire.

Que reproche-t-on à Ayouch ? D’avoir maintenu son idée de développer l’apprentissage de la darija et de lui procurer un dictionnaire pour expliquer, en darija, ses mots et vocables. On le critique pour avoir, entre autres, inclus des mots orduriers. Mais dans sa réponse à nos confrères de Febrayer, le publicitaire argumente, à juste titre, que dans tous les dictionnaires, ce type de termes figurent car « ainsi est la vie, avec des mots savants et d’autres orduriers », et ce qui existe dans la vie doit également pouvoir figurer dans un dictionnaire. Ayouch va encore plus loin en affirmant que dans un ouvrage réalisé en collaboration entre le ministère de la Culture et l’Académie du Royaume du Maroc, des mots encore plus orduriers sont inclus.

Mais le patron de l’agence Shem’s précise au passage qu’il n’est nullement responsable ni impliqué dans le travail scientifique de l’ouvrage qu’on lui reproche. Ce n’est pas une manière de se défausser sur d’autres, en l’occurrence des linguistes et des sémanticiens réputés ; Ayouch signifie par là qu’il ne peut s’atteler à une tâche qui n’est pas de son ressort intellectuel.

Ayouch explique également que le disctionnaire est en préparation depuis quatre ans et demi, et qu’un nouvel ouvrage, sur la grammaire de la darija celui-ci, devrait paraître incessamment.

Si le dictionnaire a soulevé des vagues d’indignation auprès des arabophones (voir éditorial de Noureddine Miftah, traduit par PanoraPost pour exprimer les opinions des contempteurs du livre), force est de reconnaître à Ayouch le courage de ses idées et son implication personnelle. Quel mal peut donc faire un ouvrage comme celui-ci ? Et pourquoi verser des torrents d’insultes et d’accusations sur son promoteur ? On peut tout au plus l’ignorer, mais il ne fait pas de doute que ce dictionnaire enrichira le patrimoine culturel immatériel (et même matériel) du royaume.

Le chercheur Ahmed Aassid, pour sa part, a estimé que cet ouvrage est scientifique et très utile. « Il n’est pas normal que 90% de la population parle une langue qui ne fait pas l’objet de recherche et de définitions », explique le militant amazigh.

Aziz Boucetta

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