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Economie |

Publié le 09 décembre 2016

Les premiers agréments de banques participatives au Maroc, c’est pour la fin du 1er semestre 2017

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Aujourd’hui s’ouvrait à Rabat le 2ème Symposium sur l’économie et les finances islamiques…et à  cette occasion, le ministre des Finances Mohamed Boussaïd a annoncé que les  premiers sukuks (équivalent islamique des obligations classiques) seront émis avant la fin du premier semestre 2017, dans le cadre du lancement prochain des banques participatives au Maroc.

« Le Maroc a préparé l’ensemble des instruments législatifs, réglementaires et fiscaux en vue du lancement des banques participatives. Nous avons tenu compte des différentes composantes du secteur financier dans son ensemble, en l’occurrence les banques, la bourse et marché des capitaux et les assurances », a déclaré le ministre, qui a ajouté que « ces nouveaux instruments de la finance soutiendront l’ouverture des banques participatives par la possibilité de placer des fonds dans ce circuit ou de financer des projets économiques ». La finance participative permet aux épargnants et investisseurs soucieux de la compatibilité de leurs banques avec les contraintes religieuses de se bancariser. En effet, et selon la Vie éco, une enquête publiée en 2014 par Thomson Reuters et l’IRTI (Islamic Research and Training Institute) a révélé que 71% des entreprises au Maroc se déclarent très intéressées par la Banque islamique, et 22% certainement intéressées, mais elle n’avait touché que 300 entreprises.

Une autre enquête, menée par le cabinet Abwab, a atteint 1.300 entreprises, dont 800 ont répondu au questionnaire, soit un taux de réponse de 62%. Répondant aux questions de la Vie éco (du 7 octobre 2016), l’expert en finance participative qu’est Abderrahmane Lahlou a expliqué que « l’enquête montre que parmi les entreprises qui ne recourent pas au crédit bancaire, 58,2% se l’interdisent, malgré le besoin, pour une raison religieuse. On sait par ailleurs, d’après les statistiques nationales, que 40% des entreprises marocaines n’ont pas recours au crédit. Donc si l’on opère le croisement, on peut dire que 24% des entreprises non bancarisées le sont par conviction religieuse. L’enquête ressort bien d’autres indicateurs dont l’analyse est en cours de finalisation. Il y en a plus de 32 (les branches d’activité les plus demandeuses d’ouvertures de compte et de financements vis-à-vis des banques participatives, les villes à forte propension d’intérêt pour ces banques, la tolérance des entreprises réticentes au crédit pour raison religieuses, au surcoût des futurs produits. (…) Par ailleurs, les entreprises expriment vis-à-vis des futurs établissements des exigences qui sont autant relatives à la conformité à la Charia qu’aux autres critères usuels dans la profession, ce qui était plutôt inattendu ».

Les sukuks permettront donc de drainer dans le circuit officiel les fonds actuellement thésaurisés, difficilement quantifiables, et conduiront un grand nombre d’entreprises à financer leurs investissements, tout en respectant les convictions religieuses de leurs dirigeants.

 « L’introduction de la finance participative est une consécration du niveau de développement et de maturité atteint par notre système financier qui nous a permis d’intégrer ce genre de financement pour consolider et renforcer le rôle du secteur financier dans l’accompagnement du développement économique et le renforcement de l’inclusion financière », s’est félicité Mohamed Boussaïd.

En 2015, la finance participative, marginale à ses débuts, a engendré un chiffre d’affaires total de 2 trillions de $ en 2015, mais en Afrique du Nord, ce type de finance est encore à ses premiers balbutiements, avec seulement 1% de part de marché du secteur financier.

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