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Publié le 21 novembre 2016

Le Maroc se prépare à être candidat pour le Mondial 2026. Pourquoi a-t-il toutes ses chances, cette fois ?

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La venue, hier 20 novembre, du président de la Confédération africaine de football (CAF) Issa Hayatou sur nos terres n’est pas fortuite. Elle a deux objectifs : sa tournée de président sortant de la CAF, candidat à sa réélection, et la candidature quasi officielle du Maroc à l’organisation de la Coupe du monde de football, la compétition sportive la plus prestigieuse au monde, de 2026. Mais cette fois, contrairement aux précédentes candidatures, plutôt médiatiques, le royaume a toutes ses chances.

La visite du Camerounais, venu spécialement de Yaoundé et accompagné de son secrétaire général le Marocain Hicham el Amrani, s’articulera donc autour de ces deux questions. Ce sera l’occasion pour enterrer, définitivement, la hache de guerre entre Rabat et le président de l’instance suprême du foot africain. On se rappelle que suite à la demande, et l’insistance, du Maroc à décaler la Coupe d’Afrique des Nations qui devait se dérouler au Maroc en janvier 2015, pour cause d’Ebola, le torchon avait très sérieusement brûlé entre la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et Hayatou.

On se rappelle aussi que la CAF avait condamné le Maroc à la suspension pour deux Coupes d’Afrique, mais que le royaume avait combattu sur le plan judiciaire. Au tribunal arbitral de Lausanne, les juges sportifs helvètes avaient rétabli le Maroc dans ses droits en mars 2015. Puis il avait fallu des tonnes de diplomatie, de savoir-faire et de patience pour une réconciliation avec le président de la CAF. C’est chose faite aujourd’hui, et sa venue au Maroc, alors même qu’une compétition internationale se tient au Cameroun, est un signe de cette reprise des relations d’antan.

Pour la Coupe du monde de 2026, dont le pays organisateur sera désigné en 2017 ou 2018, le Maroc est,  selon une source sûre de la FRMF, presque candidat, mais avant de se prononcer, il a voulu, par tact diplomatique, en discuter préalablement avec le Camerounais. Ce dernier aura donc des discussions avec les responsables de la FRMF, mais aussi du Comité olympique national. Puis il fera la tournée des installations.

Selon la même source au sein de la FRMF, « sur les 8 stades requis aux normes FIFA dont le Maroc dispose, il nous en manque encore deux à construire, plus le Grand Stade »… une broutille, quand on sait ce que le Maroc a pu réaliser en termes d’infrastructures sportives et autres. Pour le reste, les autoroutes, les hôtels, les hôpitaux, les aéroports, etc, cela ne devrait pas poser de problèmes. Il reste 10 ans… et il n’y a qu’à voir ce qui a été construit dans le royaume sur ces dix derrières années. Et Issa Hayatou a fait une tournée d'inspection pour voir. Il a vu.

Il faudra donc avoir le soutien de l’Afrique, et de ses 54 fédérations. Avoir celui de Hayatou équivaut à obtenir l’appui de toutes les fédérations à l’exception, sans doute, de l’Algérie, mais ceci est une autre histoire… Pour sa réélection, il va sans dire que Issa Hayatou aura le soutien franc et massif des Marocains, et même des pays africains amis du Maroc.

Le royaume attend également la visite d’un autre grand responsable du football mondial, en l’occurrence le cheikh Salmane, président de la Confédération asiatique de football (AFC) et candidat malheureux à la présidence de la FIFA, contre Gianni Infantino. Là aussi, le Maroc l’avait soutenu et là aussi, nous nous étions fait un ami, bahreïni de nationalité (et nous connaissons le partenariat stratégique qui unit Rabat aux 6 Etats du Conseil de Coopération du Golfe). De plus, pour l’élection du président de la FIFA, en février dernier, la CAF et l’AFC avait passé un accord de vote. Les deux instances se concertaient pour une décision unique.  Il y a 46 fédérations asiatiques à l’AFC et 54 à la CAF, sur un peu plus de 200 fédérations votantes. Ce n’est en effet plus le Comité exécutif de la FIFA et sa trentaine de membres qui votent, dans l’opacité habituelle des années Blatter, mais l’Assemblée générale… Le chemin ne sera certes pas pavé de roses, mais pas d’épines non plus, pourrait-on dire…

La FRMF, pour sa part, met les petits plats dans les grands. Le 12 novembre, lors du match Maroc-Côte d’Ivoire, en pleine COP22, une invitation avait été adressée au président Gianni Infantino pour assister au match dans la belle enceinte de Marrakech. Cela avait permis au nouveau dirigeant de voir – en passant – comment le Maroc a organisé « sa » COP et comment il a accueilli et traité ses invités, dans une ville aussi sécurisée, que bien organisée, dans un pays aussi accueillant que son public est souriant.

Le président de la FIFA avait prononcé cette phrase devant un parterre de journalistes venus le rencontrer en marge du match : « Le Maroc a tous les moyens d’organiser une Coupe du monde. Il a toutes les infrastructures nécessaires et pas seulement en ce qui concerne les stades de football. La Coupe du monde est un grand événement qui concerne le monde entier avec un principe de rotation. C’est pour cela qu’on a décidé que l’Europe et l’Asie ne pourront déposer leur candidature pour 2026 ». 

Et donc, pour l’organisation du Mondial 2026, qui suivra celui de Qatar en 2022, le problème sera de confier la compétition à deux pays arabes, consécutivement. Mais le royaume a désormais des atouts à faire valoir, diplomatiques, politiques et économiques…

Aziz Boucetta

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