Panorapost



Maroc |

Publié le 11 novembre 2016

Le Tchadien arrêté par le BCIJ en mai condamné à (seulement) 20 ans de prison

Partager cet article :

Le 13 mai dernier, un ressortissant tchadien suspecté de liens avec  l’organisation terroriste dite « Etat islamique » (EI) avait été arrêté par le Bureau central des investigations judiciaires en plein milieu de la ville de Tanger, dans un grand déploiement de forces et sous les applaudissements de la foule. Il vient d’être condamné à 20 ans de prison par la cour d’appel de Rabat, ce qui, au vu des charges retenues contre lui, reste un verdict clément.

L’arrestation du Tchadien, Abou Al Batoul Addabah alias l’ « égorgeur »,  avait permis de révéler un changement dans la stratégie de Daech, qui a imprimé un changement dans ses opérations, envoyant au Maroc et pour la première fois un ressortissant d’un pays sahélien au lieu de s’appuyer sur des locaux. L’homme de 33 ans planifiait des attentats majeurs contre des hôtels classés, des casernes militaires, des centres de police et le siège d’une mission diplomatique occidentale non précisée.

Un arsenal important avait été découvert dans sa planque tangéroise, à savoir des produits sous forme liquide et en poudre entrant dans la fabrication d’explosifs. Les policiers du BCIJ avaient en outre trouvé une cocotte qui devait servir de contenant à une bombe, des batteries et des fils électriques  pour la mise à feu, des billes métalliques pour augmenter les dégâts sur les victimes et des gilets pare-balles pour fixer des ceintures explosives.

En plus de cela, des documents sur les méthodes de confection des explosifs et des enregistrements vidéo des lieux repérés par le suspect avaient été trouvés et saisis.

Le Tchadien avait également pour mission de nouer des contacts avec des jihadistes algériens, dans le but de déstabiliser la Région de l’Oriental et de la proclamer comme wilaya inféodée à l’EI.

Face à toutes ces charges, le procureur avait requis une peine d’emprisonnement de 30 ans, mais les juges ont réduit la peine à 20 ans, seulement. En effet, l’ « égorgeur » planifiait des assassinats de masse avec préméditation, des entreprises de destruction de grande ampleur et il œuvrait également pour la sécession d’une région du royaume. Il n’avait certes pas beaucoup de chances de réaliser son plan, mais peut-être qu’une peine à perpétuité aurait mieux convenu à ses desseins.

Partager cet article :

Commentaires