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Publié le 13 octobre 2016

Démission de Mezouar actée, son remplacement par Akhannouch aussi, et non au gouvernement Benkirane II

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Le genre de nouvelles dont seul le RNI est capable... En moins d’une semaine, le président Salaheddine Mezouar a démissionné, et insisté sur le fait que cette nomination est irréversible et irrévocable, et le ministre de l’Agriculture sortant, Aziz Akhannouch, est désigné pour le remplacer. Il faut dire que les résultats calamiteux du parti au derniers scrutin législatif y sont pour quelques chose (37 contre 55 en 2011).

Et donc, le Bureau politique ouvert dimanche 9 octobre est resté « ouvert » jusqu’à hier mercredi 12, avant de clôturer ses travaux, et de publier un communiqué (en arabe) disant que le RNI :

1/ Se félicite du respect du calendrier électoral ;

2/ Félicite le chef du gouvernement désigné ;

3/ A pris acte de la démission de Mezouar ;

4/ Note l’initiative de Mezouar de se rapprocher de l’UC pour fonder un groupe parlementaire commun ;

5/ Salue une autre initiative de Mezouar, consistant à prendre contact avec Aziz Akhannouch et lui demander de revenir au parti ;

6/ Convoque un Congrès extraordinaire pour le 29 octobre.

7/ Décide de la non-participation au gouvernement Benkirane II, dans les conditions actuelles, sans autre précision, sauf que la porte reste ouverte puisque la décision finale appartient au Conseil national, précise le communiqué. Le Conseil national sera élu par le Congrès du 29 octobre, et la réponse définitive à Benkirane, s’il fait une proposition d’adhésion au RNI, ne sera donnée que début novembre, en plein milieu de la COP22…

On notera que Mezouar a pris deux initiatives importantes, ce qui est curieux pour un président démissionnaire : Le rapprochement avec l’UC, qui se voit donc inclus dans un groupe de 57 députés, car sans cela il aurait été privé d’un groupe, avec ses 19 élus alors qu’il en faut 20 selon le règlement intérieur de la Chambre des représentants. La seconde initiative est de rappeler Aziz Akhannouch, qui avait démissionné du parti lors de sa reconduction à la fonction de ministre de l’Agriculture « indépendant » dans le gouvernement Benkirane nommé par le roi Mohammed VI le 3 janvier 2012.

Or, c’est le congrès qui élit le président, ce qui sera chose faite le 29 octobre, sauf que le problème est que le président doit être membre du parti. Les dirigeants du RNI précisent que sa démission n’avait jamais été actée, ni acceptée. Soit, mais il faut aussi qu’il  soit membre du Conseil national, et là le problème se posera le 29 octobre. Gageons qu’il y aura un changement des statuts juste avant le vote pour le président.

Plus grave est cette décision de fermer, presqu’entièrement, la porte à l’entrée au gouvernement. Cela conduira donc Benkirane à aller vers la Koutla, Istiqlal et USFP et PPS, avec respectivement 46, 20 et 12 élus. Mais encore faut-il que ces partis, à l’exception du PPS qui a déjà déclaré son alliance stratégique avec le PJD, acceptent de rejoindre le futur exécutif.

Il y a deux manières de refuser, soit directement en déclinant une offre de Benkirane, soit indirectement en posant des conditions irréalisables, comme le nombre de portefeuilles ou certaines fonctions (présidence de la Chambre des représentants, ministères particuliers).

Aziz Akhannouch, qui avait eu, on s’en souvient, voici un an une très sérieuse confrontation avec Benkirane sur le Fonds de développement rural et ses 55 milliards de DH (sur 5 ans), sera un adversaire particulièrement coriace pour le chef du gouvernement qui, selon certains de ses proches, voit avec inquiétude ce qui passe au RNI, le changement de président et le rapprochement avec l’UC.

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