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Economie |

Publié le 13 juillet 2016

La croissance sera de 1,5% en 2016, mais de 3,5% en 2017, selon Ahmed Lahlimi

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Le jeu de yoyo du taux de croissance continue, tant les incertitudes sont grandes. Entre un marasme économique chez les partenaires européens, secoués par une crise de 2008 qui n’en finit pas et par les incertitudes voire inquiétudes liées au Brexit, et avec une année agricole 2016 plutôt mauvaise, la croissance pour cette année devrait se fixer à un petit 1,5%. Ça, c’est la mauvaise nouvelle, mais la bonne est que ce taux devrait alors plus que doubler en 2017, pour atteindre les 3,5%.

C’est le Haut-commissaire au Plan qui le dit, et qui l’a dit en conférence de presse tenue ce mardi 12 juillet.  Ahmed Lahlimi se fonde sur une baisse prévue de la valeur ajoutée agricole de 11% en 2016 et son accroissement de 7,2% l’année prochaine. Cela donnera donc une croissance estimée à 1,5% pour 2016, en augmentation tout de même de 0,2% par rapport aux prévisions de janvier, quand la pluviométrie était à son plus bas, et que le plan sécheresse était en cours d’élaboration.

Dans son analyse par secteur d’activité, Lahlimi a expliqué que le secteur agricole terminera l’année avec une baisse significative de la production céréalière, qui atteindra 33,5 millions de quintaux au lieu des 115 millions enregistrés une année auparavant. Ainsi, malgré la consolidation de la croissance des cultures non céréalières et de l’élevage, la valeur ajoutée agricole reculera de 11% en 2016, contre une hausse de 12,8% en 2015. Le secteur secondaire aura en 2016 une croissance de 3,3% enregistrée contre 2,8% en 2015. Au niveau du tertiaire, la croissance de la valeur ajoutée des services marchands sera encore réduite, de l'ordre de 1,9% en 2016 après celle de 1,2% en 2015, mais avec une augmentation à 2,2% en 2017.

C’est donc la demande intérieure qui continuerait de soutenir la croissance économique nationale (+1,7% en volume en 2016 et +2,4% en 2017), en raison de la reprise, après deux années de baisse, de l’investissement et le maintien, même à un rythme modéré, de la consommation finale tirée, en particulier vers le bas, par une baisse continue du rythme de croissance de la consommation des ménages. Mais pour la demande extérieure nette, la contribution à la croissance du PIB sera négative en 2016, (environ 0,9%), après une contribution positive une année auparavant. En 2017, celle-ci devrait contribuer encore plutôt faiblement à la croissance, avec 0,3%.

S’agissant du taux d’endettement public global (interne et externe), il passerait de 80,2% en 2015 à 81,4% du PIB en 2016, puis reculerait à 81,1% en 2017. Celui du Trésor passerait de 64,1% en 2015 à 65,5% en 2016 et à 65,7% en 2017.

Enfin, le grand point positif est la réserve de changes, qui n’a jamais atteint un tel niveau selon le patron du HCP. En effet, le Maroc a bénéficié de la baisse de matières premières, et notamment du pétrole. Le surplus de liquidité enregistrera à fin 2016 7,7 milliards de DH, et 20 milliards de DH en 2017, contre un déficit de 15 milliards en 2015.

On peut lire l’intervention d’Ahmed Lahlimi, dans son intégralité, en suivant ce lien.

 

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