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Publié le 07 juin 2016

Le bac, les jeunes et le ramadan, avis croisés

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Mardi 7 juin est le premier jour du bac, mais aussi du ramadan et, déjà, les polémiques commencent… Doit-on, peut-on, ne pas jeûner pour préparer ses examens, ou non ? Sur les réseaux sociaux, on s’enflamme, mais la remarque qui revient le plus souvent est de ne pas d’occuper de cela car il y a des sujets plus importants. Certes, mais celui-là aussi l’est.

Une information tombe ce mardi 7 juin… On apprend qu’un jeune candidat au baccalauréat, après avoir fini son épreuve de physique-chimie, a grillé une cigarette, devant tout le monde. « La polémique enfle déjà… ». Devait-il, ou non, le faire ?

Le site Alyaoum24 publie la réponse d’un membre du Conseil supérieur des Oulémas sur l’opportunité, ou non, de ne pas observer le jeûne pour ses étudiants en préparation d’examen  ou passant des épreuves. Réponse : « Non, ce n’est pas permis. Le candidat doit se mettre en condition (yanwi) pour le faire et si, le jour dit, il constate l’extrême difficulté à achever sa journée de jeûne, alors qu’il mange… Mais dire que les examens sont une excuse pour ne pas jeûner, voilà qui n’est admis par personne ». C’est son avis.

Pour sa part, le Conseil théologique musulman de France a émis une fatwa contraire. Voici ce qu’elle dit : « Le jeûne du ramadan a lieu, cette année, comme les prochaines années, dans une période, où un nombre important d’élèves et d’étudiants passent des examens importants et déterminants pour leur avenir, et coïncidant avec l’été, où le temps de jeûne est de 18 heures dans certaines régions et plus dans d’autres (…).  Dieu l’a prescrit à toutes les personnes saines, d’esprit et de corps, capables de jeûner (…). Les personnes âgées, les femmes enceintes ou qui allaitent, les voyageurs ou encore les personnes exerçant un métier difficile sont d’ailleurs dispensés de jeûner.  Les élèves, pendant les examens, sont comme tous ceux-là. Et, exactement comme les sociétés ne peuvent pas se passer d’artisan, ni d’ouvrier, elles ne peuvent pas se passer des médecins, des ingénieurs, ni des enseignants de demain. Or, sans franchir ces étapes, c’est-à-dire ces examens, la construction de la société de demain ne peut pas se faire, ni même s’envisager. (Et donc), sur la base de ces éléments, les élèves qui vont passer des examens, décisifs dans leur vie, sont autorisés à ne pas jeûner, pendant la période de préparation, comme pendant les jours des examens, à condition toutefois de les rattraper après les examens ».

Pour sa part, le cheikh défunt Abdelbari Zamzami Ben Seddik avait émis des avis/fatwas « autorisant » les bacheliers à rompre le jeûne.

Les avis sont donc libres et divers, montrant que dans le cas précis des candidats préparant et passant des examens, il est possible de ne pas jeûner, pour récupérer les jours non jeûnés par la suite.

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