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Maroc |

Publié le 30 mars 2016

Le Comité de pilotage de la COP 22 s’exprime sur l’appel d’offres d’organisation de l’événement

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Suite à différents articles parus dans les médias nationaux sur l’organisation de la COP 22, et essentiellement sur l’attribution de l’aménagement du site Bab Ighli à Marrakech, le Comité de pilotage est  sorti de son silence en diffusant aujourd’hui un (très long) communiqué en forme de mise au point.

PanoraPost avait publié un article, hier, s’interrogeant sur ce qui lui est apparu être des dysfonctionnements dans le déroulement de la procédure de traitement de l’appel d’offres de l'organisation. Le communiqué du Comité de pilotage de la COP 22 y répond, exhaustivement. Nous ne pouvons qu’applaudir, et nous applaudissons. L’opinion publique est, enfin, informée.

Voici le texte intégral de la « mise au point du Comité de pilotage de la COP 22 »

Le comité de pilotage de la COP22, chargé de l'organisation de la 22ème session de la Conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Marrakech du 7 au 18 novembre prochain, souhaite porter à l’attention du public les éléments suivants concernant le processus d’appel d'offres pour l'aménagement et l'équipement du site de Bab Ighli.

Pour rappel, ce marché lancé le 29 janvier dernier consiste en la viabilisation d'un terrain d'une superficie de 25 hectares. Il inclut son aménagement et l'équipement du site de la conférence en matériel technique, électronique, informatique, audiovisuel et de sécurité. 

Le site de la conférence est composé de deux espaces distincts.

Le premier, appelé "Zone Bleue", est placé sous la responsabilité des Nations Unies, conformément aux dispositions de l'accord de siège relatif à l'organisation de la COP22. Il abritera notamment le centre des conférences où se tiendront les travaux.

Le second sera réservé aux acteurs non-étatiques, aux ONG, aux entreprises privées, aux organisations et institutions publiques et aux collectivités territoriales. Il abritera également d’autres espaces tels que ceux dédiés aux expositions ou encore à la restauration.

Le pôle de la logistique et de la sécurité a préparé l'appel d'offre de manière rigoureuse et transparente, conformément au décret numéro 2-12-349 du 20 mars 2013, relatif aux marchés publics.

Ce processus a été entrepris en collaboration et en parfaite synergie avec les instances du secrétariat exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, selon les termes de l'accord de siège.

Dans le cadre de cet appel d'offres (N°12/2016), trois groupements, tous composés d'entreprises marocaines et étrangères, ont soumissionné :

1- Groupement de 8 entreprises : GL Events Services, GL Events Audiovisual, GL Mobilier, HALL Expo, Agence PUBLICS, CAPITAL Events, Léni et Manzeh Diafa.

2- Groupement MaroCop, composé de 14 entreprises : Richard Attias Associates Group, Alomra Group Iinternational, My Abdelouhed Boudda Architecte, Construction Management Services, Derichebourg Maroc, Emeraude Service, Maroc Telecom, MED production, REZO Events, VALYANS Consulting, WPP JUBILEE LTD, Richard Attias & Associates Africa, Spécial Bâtiment & Travaux Hajji, Protection Electrique et Electronique.

3- Groupement de 7 entreprises : La Nouvelle Avant Scène SA, Chapitaux Plus, MAVER, DORIER, FINATECH Group, URBAGEC, KS Events.

Le 10 mars dernier, a eu lieu la première séance d'ouverture des plis "administratifs, techniques et additifs" des concurrents, en présence des représentants des trois groupements. La date de la reprise de cette séance a été fixée au 15 mars, et les soumissionnaires en ont été informés.

Lors de la séance de mardi 15 mars, en présence de l'ensemble des soumissionnaires, le président de la commission d'appel d'offres, a expliqué que la recevabilité des dossiers "administratifs, techniques et additifs" nécessitait un examen approfondi, compte tenu de la complexité et de l'amplitude du projet.

Il a donc annoncé qu’une nouvelle date serait fixée pour poursuivre la séance.

Rappelons ici le nombre important d’entreprises composant chacun des groupements (au total 29 sociétés).

Ces précisions étant apportées, les dispositions légales et réglementaires des marchés publics n’imposent pas à la commission d’appel d’offres d’expliquer ou de justifier qu’une nouvelle date soit fixée.

Par ailleurs, il convient de noter que cette même commission examinait parallèlement à cet appel d'offres, deux appels d'offres restreints pour l'assistance à maîtrise d'ouvrage, et le contrôle technique de l'exécution de l'appel d'offre relatif à l'aménagement et l'équipement du site de Bab Ighli.

Elle examinait également la consultation restreinte concernant la gestion de l'accueil, des réservations d'hôtels, d'hébergement et de transports aériens et terrestres pour les participants à la COP22.

Vendredi 25 mars, en présence des représentants des trois groupements, la commission d'appel d'offres a annoncé que sur les trois dossiers "administratifs, techniques et additifs" examinés, seul un d'entre eux répondait aux critères d'appréciation des capacités techniques, juridiques et financières fixées dans le règlement de consultation.  

Le pli de l'offre technique du groupement retenu, a par la suite été ouvert en séance publique, conformément aux dispositions légales et réglementaire ,et ce en présence des représentants des trois groupements soumissionnaires.

Les plis des offres techniques et des offres financières des deux groupements non-retenus, n’ont donc pas été ouverts. Ils sont restés fermés et scellés, afin d'être restitués aux soumissionnaires concernés.

L'évaluation de l'offre technique du groupement retenu est toujours en cours. Elle sera suivie par l'examen de l'offre financière et l'attribution du marché ne pourra être annoncée qu'après que tous les critères soient dûment satisfaits.

Compte tenu de ce rappel nécessaire de chaque étape du processus, le comité de pilotage de la COP22 dénonce fermement les allégations et les propos diffamatoires véhiculés par certains médias qui tentent ainsi, d’induire en erreur l'opinion publique sur la transparence du processus, et l'intégrité des personnes chargées de le mener à bien.

Contrairement à ce qu'affirment ces médias : 

  • Tous les groupements étaient représentés à chacune des séances qui ont été tenues. Ils sont donc tous dépositaires des informations qui ont été partagées lors de ces séances. 
  • Lors de la séance du mardi 15 mars, le président de la commission d'appel d'offres, en la personne du Wali Abdeslam Bekrate, a annoncé que l'examen des dossiers "administratifs, techniques et additifs" était en cours. Il n'a jamais déclaré, contrairement à ce qui a été affirmé, que "rien n'a été fait". 
  • Le choix porté par la commission d'appel d'offres sur tel ou tel soumissionnaire ne peut pas faire l'objet d'une communication officielle à ce stade de la procédure. En effet, comme cela est expliqué plus haut, le marché n'est pas encore adjugé et ne peut l'être officiellement qu'au terme de la procédure légale. Cependant, la séance étant publique, son contenu l’est tout autant. 
  • Quand bien même toutes les dispositions auraient été remplies à ce stade de l'examen de l'appel d'offres, la commission n'est pas tenue de l'annoncer dans le cadre d'une conférence de presse.

Encore une fois, ces séances sont publiques et par conséquent tout citoyen peut y assister. 

  • Depuis le début du processus, l'opinion publique a été dûment tenue informée de chaque étape du travail de la commission d'appel d'offres, que ce soit celle concernant l'aménagement et l'équipement du site de Bab Ighli, ou celle des deux appels d'offres restreints sur la maîtrise d'ouvrage et le contrôle technique, ou encore la consultation restreinte relative à la gestion de l'accueil, des réservations d'hôtels, d'hébergement et de transports aériens et terrestres pour les participants à la COP22. 
  • Pour ce qui des allégations autour des "offres techniques", seule celle du soumissionnaire retenu a été ouverte le 25 mars, en présence des représentants des trois groupements. Ceci est dûment consigné dans le procès verbal de ladite séance. 
  • Concernant le dossier "administratif, technique et additif", les critères d'appréciation sont nombreux. Ils comprennent notamment : 
  •            Les références techniques des prestations que le concurrent a exécutées, ou celles auxquelles il a participé et la qualité de sa participation.
  •           Les attestations de références des prestations similaires à celle objet du présent appel d'offres, délivrées par les maîtres d'ouvrage, précisant entre autres le montant et la nature des prestations. 
  • Ces éléments à eux seuls constituent une base importante et suffisante pour statuer sur la recevabilité des soumissions. 
  • Enfin, les trois groupements qui ont soumissionné à cet appel d'offres sont tous, sans exception, composés d'entreprises marocaines et étrangères. 

Les enjeux liés à la préparation, l'organisation et à la tenue de la 22ème session de la Conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, imposent la plus grande rigueur car elle est indispensable à la réussite de ce défi. 

Le comité de pilotage de la COP22 assume, avec sérieux et responsabilité la mission qui lui a été confiée. Il ne peut permettre que l'intégrité et l'engagement de chacun des membres qui le composent, soient atteints par la diffusion d'informations erronées ou mensongères ou par des propos diffamatoires.  

Les intérêts personnels de certaines parties, ne sauraient avoir de place devant l’intérêt général et les enjeux de la tenue des travaux de la COP22 au Maroc. 

Les médias sont des partenaires privilégiés dans la réussite de ce grand rendez-vous. Le comité saisit cette occasion pour saluer leur mobilisation, leur professionnalisme et leur engagement ».

 

Fort bien, mais la transparence aurait très bien été sans virulence, et même si « mise au point » rime avec « coup de poing », il ne devrait pas en être ainsi moralement. Et déontologiquement aussi. L’objectif était d’informer l’opinion publique, il est atteint, c’est heureux et ce n’est absolument pas une offense que de le faire.

Dans cette affaire de la COP 22, les médias resteront « des partenaires privilégiés dans la réussite de ce grand rendez-vous » et il n’existe pas « certains médias qui tentent, d’induire en erreur l'opinion publique sur la transparence du processus, et l'intégrité des personnes chargées de le mener à bien ». Il y a, en revanche, des responsables qui font leur travail, mais qui peuvent commettre des erreurs, et des médias dont le rôle est de relever ces mêmes erreurs, et qui peuvent également se tromper. Et personne, d'un côté comme del'autre, n'a le « monopole du cœur » pour le Maroc.

Aziz Boucetta

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