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Maroc |

Publié le 10 mars 2016

Le Français « radicalisé » arrivé au Maroc avec des armes n’avait pas été signalé par les services français (MAP)

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Il s’appelle Manuel Broustail, il est français et il est aussi un ancien militaire converti à l'islam. Dans le cadre de l’état d’urgence, l’homme a été assigné à résidence durant trois mois pour ses activités de nature prosélytes. Il est arrivé à Fès sur un vol Ryanair dimanche dernier 6 mars, transportant dans sa valise un arsenal de guerre, couteaux, machette, cagoule,... Les services français disent avoir informé leurs homologues marocains, selon l’AFP, mais la MAP, citant une « source autorisée », affirme le contraire.

Qui est Manuel Boustail ? Il est né à Rouen en août 1984. Militaire, il avait été radié de l'armée en août 2014, après avoir fait l'objet d'un signalement en avril 2013 pour sa radicalisation qui serait intervenue lors d'une mission à Djibouti en 2008 pour le compte du 6ème régiment du Génie d'Angers (minage, déminage et infrastructures). Par la suite, selon les services français, il s'était affirmé comme le leader d'un groupe de musulmans radicalisés à Angers, organisant même à l'occasion « des entraînements de type paramilitaire », et représentant « une référence en matière de pratique religieuse fondamentaliste auprès de la mouvance radicale musulmane angevine ». Plus grave, il était en contact avec un prisonnier qui avait déclaré son intention de se rendre en Syrie, une fois libéré… Lors de son assignation à résidence, après les sanglants attentats de Paris, Manuel Broustail avait affirmé sa volonté d’aller s’installer dans un pays musulman, en l’occurrence le Maroc.

Que contenait la valise de Boustail ? Plusieurs couteaux, un sabre, une matraque télescopique, une cagoule, un uniforme militaire et une petite bonbonne de gaz, autant d’objets qui ont pu passer à travers les contrôles de l’aéroport de Nantes. Comment la préfecture de Loire-Atlantique a-t-elle justifié cette incroyable bévue ? « Cet homme n’était plus assigné à résidence au moment de son contrôle à l’aéroport de Nantes. Quand il a été contrôlé avant l’embarquement, ses papiers étaient en règle »… Certes, mais pourquoi transporter autant d’armes blanches ? Que voulait-il faire avec une cagoule ? Pourquoi une matraque télescopique ? Et comment un pays placé en état d’urgence peut-il laisser embarquer ce matériel ? Ou les contrôles aux frontières doivent être revus, car plutôt négligents, ou l’état d’urgence ne sert à rien, ou…

Mais la préfecture ajoute que « dans le cadre de la coopération entre la France et le Maroc, l'individu avait été signalé aux autorités marocaines et sa prise en charge (à l'aéroport de Fès) n'est pas complètement un hasard ». Faux, selon la MAP, qui publie une autre version…

« Les services de sécurité marocains n’ont pas été avisés par leurs homologues français au sujet d’un ressortissant français radicalisé appréhendé à son arrivée récemment à l’aéroport de Fès-Saiss, a-t-on appris mercredi de source autorisée », affirme l’agence de presse officielle marocaine, qui ajoute que les services marocains ont pu arrêter l’individu car il était fiché par eux.

L’homme ne semble pas disposer d’une intelligence hors du commun, car s’il était mieux informé sur le Maroc, il aurait su que le pays est fortement sécurisé et qu’on ne peut y entrer, sauf miracle, avec un tel matériel. Mais on reste en droit de s’interroger sur cette bévue de la sécurité en France. En effet, et en retenant la version selon laquelle les services français auraient informé leurs homologues marocains, comment alors n’ont-ils pas pensé à fouiller plus en profondeur cet homme et ses bagages, aussi bien ceux en cabine que ceux en soute ?

Cette affaire a été reprise en boucle par plusieurs médias internationaux, britanniques, canadiens, israéliens et, bien évidemment, marocains et français.

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