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Maroc |

Publié le 25 février 2016

Le Maroc gèle officiellement toute relation avec l’Union européenne… (vidéo de Benkirane)

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… ou presque ! Car il maintient, quand même, les discussions relatives au recours déposé contre la décision de la Cour de justice européenne, prise le 10 décembre et considérant l’Accord agricole comme étant contraire au droit international, selon les magistrats qui ont rendu l’arrêt. Le Maroc avait très vite, et très mal, réagi. Et il vient de le confirmer au plus haut niveau, car la décision prise par le chef du gouvernement vient comme on s’en doute de plus haut.

Rappelons que suite à une requête du Polisario, la Cour de Justice avait rejeté l’accord de libéralisation des échanges agricoles et de pêche entre le Maroc et le conseil de l’Union européenne, au motif que cet accord « ne présente pas les garanties nécessaires pour que les ressources de la région du Sahara profitent aux habitants locaux ».

 

Rabat  avait donc demandé fin décembre, dans un courrier adressé par la ministre déléguée au Affaires étrangères Mbarka Abouaïda à ses pairs au gouvernement, de suspendre toutes discussions avec l’Union européenne, sans préjudice pour les relations bilatérales. Aujourd’hui, c’est au niveau de la présidence du gouvernement que la décision est confirmée, de manière particulièrement spectaculaire. Abdelilah Benkirane a reçu à cet effet Rupert Joy, l’ambassadeur de l’UE, et lui a signifié la décision de Rabat.

Le Maroc, selon un communiqué du porte-parole du gouvernement, n’entend ni n’admet être traité comme n’importe quelle objet judiciaire, comme du vulgus, pas plus qu’il n’accepte d’être balloté entre les différentes structures européennes. Faire cela remettrait en cause la confiance mutuelle, sachant que le Maroc a contribué, avec loyauté, à bâtir des relations avec l’Europe durant le demi-siècle écoulé.

La semaine dernière, le service juridique du Conseil européen a déposé un recours auprès de la Cour de justice européenne contre son arrêt, mais aucun détail n’avait été fourni en appui de cette action, intervenue, il faut le souligner, plus de deux mois après la décision de la justice européenne. Le gouvernement marocain prend aussi mal les choses que les Européens prennent mal la mesure de l’importance du Sahara pour le Maroc.

 Et donc, explique le gouvernement, « Comme le Maroc l’a toujours démontré sur des questions importantes pour l’Europe, l’esprit authentique de partenariat exige écoute, partage, solidarité et respect mutuel en toutes circonstances », et comme le dit joliment Benkirane, « le Maroc peut consommer ses tomates et laisser ses poissons en mer, mais il ne peut permettre et il ne permettra pas qu’on galvaude son intégrité territoriale ».

Les choses sont dites, à l’Europe maintenant de voir et savoir où se trouve son intérêt.

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