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Maroc |

Publié le 30 décembre 2015

1,8 milliard de DH et 239 projets pour lutter contre la corruption !

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Et finalement, la stratégie nationale de lutte contre la corruption a été arrêtée, après plusieurs allers et retours entre les organismes et administrations concernés. C’est le chef du gouvernement qui en a fait l’annonce et la stratégie devra être conduite par le ministre de la fonction publique, au sein duquel sera créée une direction dédiée. Le coût de cette stratégie ? 1,796 milliard de DH...

L’objectif est double : améliorer la conception de l’administration par les citoyens et le classement (affligeant) du Maroc en matière de corruption. La stratégie se décline sur les plans institutionnel et juridique, préventif et répressif, et sur le plan de la sensibilisation et de l’éducation. Le plan porte sur 10 ans et concerne l’ensemble des administrations en contact direct avec la population.

Toujours satisfait, le porte-parole du gouvernement Mustapha el Khalfi a expliqué que bien que cette stratégie fût prête depuis un an, le gouvernement a préféré temporiser avant de l’annoncer pour y introduire les aménagements nécessaires. Il a indiqué, à titre d’exemple, que 40 rapports de la Cour des comptes ont été adressés à la justice en 4 ans, contre 35 durant les dix années d’avant...

Pour sa part, le président de l’Instance centrale de prévention contre la corruption Abdeslam Aboudrar (photo) s’est réjoui du fait que le pays dispose aujourd’hui d’une véritable stratégie, avec des instruments de mesure, rompant avec le passé où il n’y avait que des déclarations d’intention.

Les principales mesures du plan

La santé. Un budget de 105 millions de DH sera alloué sur 4 ans pour améliorer les services aux patients : réduction des temps d’attente, contraction des délais pour les rendez-vous, amélioration des services... le tout portant sur 150 centres hospitaliers sur tout le territoire.

La gendarmerie royale. 60 millions de DH seront affectés à l’acquisition de 12.000 caméras qui seront disposées là où les gendarmes interviennent, pour surveiller leurs missions : les points de contrôle terrestres et maritimes, les brigades territoriales, les salles d’interrogatoire...

La police nationale. Des caméras et des appareils enregistreurs seront placés dans les commissariats pour contrôler les interrogatoires et mesurer la qualité des aveux obtenus par les enquêteurs. Des contrôles seront également opérés dans les salles d’accueil.

Le ministère de l’Intérieur. La presque totalité des communes devront réviser leurs procédures et les numériser, afin de diminuer l’impact des fameux intermédiaires et de réduire le temps de livraison des documents sollicités (certificats de naissance, de résidence...).

L’éducation nationale. Les manuels scolaires et les programmes pédagogique devront prévoir des chapitres sur la lutte contre la corruption aux fins d’y sensibiliser les générations futures ; de plus, des séances seront consacrées à cela dans les instituts de police et de formation des magistrats. 20 millions de DH seront affectés à ces mesures et procédures.

La justice. Il y aura plus de rigueur dans la lutte contre la corruption et les fausses déclarations de patrimoine. Les jugements seront mis en ligne dans les affaires de corruption. De plus, et c’est une nouveauté, les fonctionnaires des tribunaux porteront un badge pour éviter les interventions des intermédiaires ; 15.000 badges seront ainsi fabriqués à cet effet.

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