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Publié le 12 novembre 2015

Indépendance de la Catalogne, Madrid s’oppose à Barcelone… et l’armée ?

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L’Espagne n’est pas le Royaume-Uni et la Catalogne n’est pas l’Ecosse… Les choses sont différentes selon que l’on soit dans l’un ou l’autre des deux royaumes. Ainsi, si Londres avait laissé faire le référendum sur l’indépendance en septembre 2014, Madrid se refuse obstinément de faire pareil pour la Catalogne, ce qui durcit les positions des deux parties en Espagne. Le tribunal constitutionnel a donc, comme attendu, gelé le processus de sécession de la Catalogne engagée par le Parlement de cette région qui se voudrait autonome.

Le texte que les Catalans ont approuvé lundi 9 novembre se donne pour objectif de faire accéder la Catalogne à l'indépendance d'ici 18 mois et de la doter d'institutions étatiques. Et l’arrêt du tribunal constitutionnel n’est pas rendu sur le fond, mais seulement sur la forme, en acceptant d'examiner le recours déposé par le gouvernement de Madrid afin d'invalider la résolution en faveur de l'indépendance, ce qui la gèle de facto et de jure.

Le tribunal avise en outre les principaux dirigeants du parlement catalan, où les indépendantistes sont majoritaires, qu’ils devront mettre en œuvre ce jugement sous peine d'être relevés de leurs fonctions et de faire face à des poursuites judiciaires.

Une intervention de l’armée est-elle envisageable ?

Personne ne sait vraiment… Selon le ministre espagnol de la Défense, Pedro Morenés, interrogé par les médias sur la réaction du pouvoir central face à une déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne, une intervention militaire est exclue, mais dans le cas où  «  tout le monde accomplit son devoir », car les forces armées espagnoles sont « absolument et parfaitement démocratiques ». Cette dernière affirmation, plutôt troublante, fait écho aux velléités d'une faction de l'armée.

Mais lundi dernier, le premier ministre Mariano Rajoy affirmait à la sortie du conseil de gouvernement réuni à titre exceptionnel après le vote de la résolution séparatiste par les Catalans qu’ « il s'agit d'un mépris manifeste des institutions de l'Etat. Ils tentent d'anéantir la démocratie. Je ne le permettrai pas ».

On retrouve étrangement la récurrence du terme démocratie chez les deux responsables. Si les Catalans tiennent à passer en force, cela voudrait dire qu’ils mettraient à mal la démocratie aux yeux de Madrid, et là, le ministre de la défense a été clair.

En 2012, le lieutenant général Pedro Pitarch, retraité depuis 2011, révélait l'existence d'un courant, au sein de l'armée, favorable à une intervention militaire en Catalogne, contre les indépendantistes, car l'unité de l'Espagne « fait partie de l'ADN » des militaires espagnols.

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