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Publié le 30 mai 2015

Lycée Massignon à Bouskoura, c’est parti… et c’est prévu pour la rentrée 2016-2017. Visite guidée… (mis à jour)

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Le coup d’envoi de la construction du collège-lycée Louis Massignon a été donné ce samedi 29 mai, sur site. Les constructions étant déjà considérablement avancées, les responsables de l’OSUI ont surtout procédé à la présentation du projet, ses objectifs, ses qualités et ses atouts. Tour d’horizon de ce que sera ce qu’il faut bien appeler un joyau de l’enseignement français à Casablanca, et au Maroc.

Les officiels étaient là, tous, au complet et en rangs compacts, wali et maire de la ville, président et directeur général de l’OSUI (Office scolaire et universitaire international), recteur de l’académie de Paris, proviseurs et directeurs des écoles OSUI à Casablanca, directrice de la coopération au ministère des Affaires étrangères, secrétaire perpétuel de l’Académie du Maroc… Mais pas de ministres en vue, étant tous ou presque en Afrique Subsaharienne avec le roi Mohammed VI ou à Paris avec le chef du gouvernement.

Pour accéder au site, on se dirige vers Bouskoura, puis on enjambe la voie rapide menant à l’aéroport. Deux kilomètres plus loin, on trouve le site, en pleine nature, juste en face des arbres chatoyants, verdoyants et luxuriants de la grande forêt de Bouskoura. Réputé loin, le collège-lycée ne l’est pas nécessairement… Présenté comme isolé, il deviendra un lieu de référence de la zone.

Actuellement, il existe un seul collège-lycée, en plus des écoles primaires, à Casablanca : il s’agit de celui d’Aïn Sebaâ. Mais l’Etat marocain, à travers l’administration territoriale de Casablanca, a mis à la disposition de l’administration  de l’OSUI un terrain de 6 hectares environ dans la région de Bouskoura. Les élèves, professeurs et administration troqueront donc le voisinage de la prison d’Oukacha pour celui, bien plus agréable, de la forêt de Bouskoura. Premier point d’avantage…

Second point positif et non des moindres, la qualité de l’infrastructure… Et là, force est de convenir qu’il s’agit d’un véritable joyau, et sur tous les plans.

L’OSUI en chiffres

Créée en 1996 pour répondre à la demande croissante des familles marocaines, l’OSUI avait cette année-là 200 élèves. Ils sont aujourd’hui très exactement 8.202, répartis sur 9 villes dont deux au Sahara, Laâyoune et Dakhla. A elle seule, l’OSUI Casablanca accueille 3.047 élèves avec un objectif de 4.000 à la fin de la décennie. L’objectif ne sera vraiment pas difficile à atteindre, tant la demande est forte.

88% de l’ensemble des élèves de l’OSUI au Maroc sont Marocains, et 66% de l’ensemble des réseaux français, AEFE et OSUI.

Disposition des bâtiments

Les trois espaces primaire, collège et lycée, sont séparés car les âges des élèves sont aussi différents que leurs horaires et leurs centres d’intérêt (en plus de leur langage…). Les séparations sont matérialisées par des espaces de verdure et des dénivelés de terrain. Un chemin de circulation des élèves est également prévu, permettant le déplacement de tous vers les locaux administratifs, techniques, de restauration ou encore de divertissement.

Les concepteurs du projet, en l’occurrence l’architecte Khalid Molato, ont expliqué avoir eu à gérer une grosse difficulté, à savoir les flux humains aux quatre périodes de pointe. Pour cela, et pour assurer une circulation fluide et un temps d’arrêt réduit des voitures et bus, un chemin souterrain a été conçu et prévu.

Les espaces collège et lycée, présentant des caractères plus proches entre eux qu’avec le primaire, sont mitoyens et séparés par des bâtiments abritant l’administration, les laboratoires, un amphithéâtre d’une capacité de 300 places.

Equipements et végétation d’un lycée vert

En plus des installations déjà mentionnées, le collège-lycée offrira également un espace d’activités sportives unique dans le système d’enseignement français dans la métropole, et sans doute aussi dans l’enseignement tout court à Casablanca.

Ainsi, une piste de 400 mètres courra tout autour d’un terrain multisports et, en bordure, se trouvera un gymnase avec toutes les disciplines qui se déroulent en salles. Une piscine couverte est également prévue par les architectes et les administrateurs de l’OSUI.

Les architectes et concepteurs du projet ont par ailleurs prévu des flux séparés de circulation piétons et voitures et ont mis l’accent sur une gestion optimale des ondes électromagnétiques.

Pour ce qui est des médiathèques, un effort particulier a été consenti dans les espaces qui y seront dédiés, avec un équipement informatique à la pointe de la technologie, des acquisitions incessantes d’ouvrages de toutes natures, avec possibilités d’abonnements, des documentalistes constamment et régulièrement formés. Les médiathèques seront destinées à être des lieux de veille numérique pour le repérage et l’analyse des nouvelles ressources informatiques.

Puis, à mi-chemin entre les équipements et l’environnement, la paysagiste Frédérique Lévesque a exposé ce que sont les trois principaux axes autour desquels toute la végétation a été pensée… Et donc une démarche de développement durable a été mise en place avec un système de récupération des eaux de pluie, des bâtiments en relation avec leur environnement, un soin particulier apporté à la qualité acoustique, olfactive et visuelle… le second axe a trait aux objectifs pédagogiques avec l’installation d’espaces vergers, de carrés potagers et de zones gazonnées et boisées pour les cours de récréation. Enfin, le troisième axe se rapporte aux besoins fonctionnels d’un collège-lycée (et école) qui puisse faire converger les spécificités d’enfants/adolescents d’âges différents et leurs encadrants pédagogiques et administratifs.

Il y aura donc, au total, 19.500 m² d’espaces végétalisés, avec 19.000 en pleine terre, et 500 arbres plantés. Le ratio prévu à terme est d’assurer 5 m² d’espace vert par élève.

Et l’aspect financier ?

Le collège-lycée Louis Massignon de Bouskoura est une infrastructure qui nécessitera environ 30 millions d’euros pour voir le jour et fonctionner de manière optimale, un budget englobant constructions, aménagements et équipements. 25 millions pour les constructions et 5 millions pour les équipements, appareils, installations… La signature OSUI étant de qualité, une banque de la place a accepté d’apporter son concours pour les 2/3, affirment les responsables de l’association.

Cela se répercutera bien évidemment sur les frais de scolarité demandés. On imagine bien que ce sera cher. Aujourd’hui, un élève scolarisé paie environ 14.000 DH/trimestre pour le collège et 18.000 pour le lycée. Ces frais seront augmentés dans une fourchette de 3 à 5% par an… à la grande colère des parents, réunis en plusieurs associations et dont plusieurs ont opté pour le boycott de la cérémonie de ce samedi 29 mai.

Les parents d’élèves inquiets, la direction de l'établissement rassure

Que demandent les parents ? Des augmentations annuelles, si elles doivent être décidées, doivent également faire l’objet de concertations entre les différentes parties, à savoir administration de l’OSUI et associations de parents d’élèves. Ensuite, ces derniers demandent une meilleure communication de la part de l’administration, « communication » qui rime pour eux avec « considération », dans le sens où les décisions ne doivent pas être unilatérales et que les politiques du fait accompli doivent être bannies.

Enfin, et cela est très louable, le parents prennent modèle sur leurs pairs de l’AEFE (association des établissements français au Maroc) pour mettre en place un fonds de solidarité pour les parents en butte à des difficultés financières, mais ils demandent également que soit mise une commission d’exonération pour ces mêmes parents dont les resserrements de trésorerie ne doivent pas avoir d’impact négatif sur les enfants.

Les parents contestent aussi cette curieuse propension de certains professeurs à ne pas assurer leurs cours, surtout dans les dernières années de lycée, contraignant les élèves à aller chercher recours et secours dans les cours particuliers, dispensés à prix d’or… C’est ce que les parents appellent une « baisse de la qualité », qui peut avoir une forme multiple. Il est vrai que le phénomène est bien davantage observé dans l’AEFE que dans l’OSUI. Mais les parents préfèrent prendre les devants, partant du principe qu’une administration avertie en vaut deux…  

Pour sa part, et concernant ce point des cours particuliers, l'administraton de l'OSUI affirme se battre sans cesse tous les jours contre les cours particuliers que certains parents choisissent, quand même, de donner à leurs enfants en lieu et place des cours qui continuent d'être assurés, pourtant, par tous les professeurs jusqu'à la fin de l'année scolaire.

Les responsables contactés par PanoraPost semblent donc conscients, à des niveaux inégaux, des soucis des parents et semblent prêts à répondre à leurs interrogations. Pour ces responsables, qui ont tenu à insister sur ce point, "les professeurs assurent leur cours jusqu'à la fin de l'année. Les élèves, quant à eux, s'absentent soit disant pour "réviser le bac" au motif que les enseignants n'auraient pas fini le programme...à partir de fin avril. Dans certaines classes de terminale il n'y a plus que 3 ou 4 élèves par cours depuis déjà deux semaines. Une classe de terminale cumule 1.000 demi-journées d'absences depuis le début de l'année". Pourquoi ces absences ? "La grande majorité de ces élèves vont s'incrire dans des 'boîtes à bac' ou multiplient les cours particuliers", iniste notre source, ajoutant que "pendant ce temps les enseignants sont présents et....terminent les programmes".

Ces précisions étant apportées, nous avons cherché à savoir ce qui se passe dans d'autres établissements de la "Mission", ceux de l'AEFE par exemple... "J'en suis à 11.000 DH/mois pour mon fils de Terminale", affirme la mère d'un élève du lycée Lyautey... "Les cours supplémentaires pour les matières scientifiques peuvent aller jusqu'à 800 DH/heure", assure cet autre parent. Le phénomène semble se généraliser un peu partout au Maroc, dans les établissements français. Mais pour l'OSUI, la réaction des responsables a été si virulente que l'on ne peut que lui donner du crédit... espérant que dans les prochaines années, les responsables du futur lycée de Bouskoura (et de l'OSUI en général) continueront d'être aussi déterminés à lutter contre ce dérapage des courps particuliers de la part des élèves et de leurs parents, et feront montre de fermeté à l'égard de ceux des professeurs qui seraient amenés à s'absenter et/ou à ne pas boucler leur programme.

"Tous nos efforts tendent à l'éradication des cours particuliers et de nombreux dispositifs ont été mis en place à cet effet", assure un des directeurs parisiens de l'OSUI, ajoutant suavement que "encore faudrat-il que les parents écoutent d'abord leur lycée et son chef d'établissement"...

Nous relèverons la disposition de la direction de l'OSUI à communiquer, même après certaines inévitables réticences tout de même, ce qui est fort encourageant pour la suite... et l'avenir du lycée Bouskoura.

Il serait dommage qu’un tel fleuron de l’éducation soit entaché par autant de divergences… Quand on aime (ses enfants) on ne compte pas, et quand on a de la considération (pour les parents), on ne les galvaude pas.

AAB

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